Publié le: mar, Sep 15th, 2020

Rhône : une enseignante devant la justice, deux ans après la mort d’un enfant lors du carnaval de l’école

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Une professeure des écoles comparaît mardi 15 septembre pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. À Limas dans le Rhône, elle avait donné des crêpes à un élève de maternelle lors du carnaval de l’école en mars 2018. L’enfant était décédé le jour même, victime d’une réaction allergique violente.

Ce jour-là, l’école fête le carnaval. L’institutrice donne deux crêpes au petit garçon de 6 ans, après lui avoir demandé s’il en mangeait. L’enfant répond oui mais sans préciser que chez lui les crêpes ne contiennent que de l’eau, jamais du lait auquel il est allergique. Il fait une réaction très violente dès la sortie de l’école et ne survit pas.

Sa mère cherche encore à comprendre

L’école et la famille étaient liées par un PAI, c’est-à-dire un Projet d’accueil individualisé, en raison de cette allergie. “C’était bien écrit noir sur blanc, explique la mère de Jahden. Il ne fallait pas lui donner des crêpes ou quelque chose avec du lait dedans. Je ne sais pas s’il y a eu négligence, accident ou autre.”

La justice fait son travail et on pourra enfin passer à autre chose. Le drame qui est arrivé à Jahden, pour nous c’est tous les jours comme si c’était arrivé hier.La mère de Jahden

L’institutrice ne se remet pas du drame, raconte son avocat Frédéric Lalliard. L’enseignante, âgée de 59 ans, est très appréciée de ses collègues et des parents d’élèves. Il plaide le manque de vigilance : “Ce manque de vigilance à un moment donné, [qui est] de ne pas plus creuser lorsqu’elle va donner deux crêpes. Pour autant, la lecture du PAI c’est une chose mais elle n’a pas les compétences en la matière, parce qu’elle est enseignante et pas médecin.”

Elle ne va pas imaginer une seconde que le fait d’avoir donné ces deux crêpes au lait puisse entraîner un tel drame.Me Frédéric Lalliard, avocat de l’enseignante

Pour la mort de son élève, l’enseignante risque jusqu’à trois ans de prison.

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