Publié le: lun, Déc 9th, 2019

L’or de Kédougou, une bénédiction qui vire au malheur (Par Sidy Bousso Moctar)

Share This
Tags

Des limiers avec tout leur attirail, armés jusqu’aux dents, apparaissent subitement devant moi, et me font m’intime d’immobiliser mon véhicule au bord de la route. 
C’était la première fois que je voyais un convoi aurifère. Mais cela n’était guère le cas pour les chers collègues qui me accompagnaient, qui chaque semaine, avaient déjà l’habitude de voir ce convoi hautement sécurisé passer devant.

Mako, un village situé dans la région de Kédougou et dont la nature a été plutôt prodigue avec ses ressources : le fleuve Gambie qui traverse son centre, des personnes merveilleuses et courageuses. A cela s’ajoute un important gisement d’or qui fait l’objet d’une mainmise des entreprises occidentales, et dont l’exploitation se mesure à des tonnes.
Le ministre des mines et de la géologie Mme Sophie GLADIMA, à l’occasion des marathons budgétaires pour 2020, a annoncé que « la production industrielle d’or a été de 12,57 tonnes en 2018, contre 7,3 tonnes en 2017. Soit une hausse de 71,72%. 
‘’Cette hausse de la production s’explique par le démarrage de l’exploitation du gisement de Mako’’ par Pmc. »

Cela veut dire, bien entendu, que le village Mako, à lui tout seul, produirait annuellement environ cinq tonnes d’or.
Mais qu’en est-il des populations autochtones ? Tirent-elles des avantages de toutes ces quantités immenses d’or ? On sait tous que les hommes politiques des fois jouent, comme bon leur semble, avec l’innocence de certaines populations, qui ne savent que s’aimer, se consoler, se partager même le peu qu’ils ont. Et je vous informe que le cas du village Mako n’en est pas une exception. Imaginez une ville avec tout ce que contient son sol, ses resources naturelles, et qui ne peut même pas parvenir à satisfaire ses besoins les plus fondamentaux, à savoir l’eau ‘imbuvable’ -loin de celle potable-, ou encore l’électricité qui demeure introuvable même dans les rêves les plus osés.

Quand une vérité se pointe à l’horizon, on a l’obligation de ne pas avoir peur qu’on nous indexe, en la disant, de saboteur ou de quelqu’un qui s’oppose juste pour rien. Les choses font que, chaque semaine pratiquement, des convois remplis de l’or ‘récolté’ passe devant moi, acheminés vers l’aéroport régional avant d’atterrir à leur destination finale : L’Afrique du Sud. 

Jusqu’à quand cette situation continuera de prévaloir dans notre cher pays ? Une situation dans laquelle les occidentaux se permettent de ‘récolter’ nos précieuses resources tandis que nos vaillants hommes
peinent à subvenir à leurs besoins primaires, mangent à leur faim…

Kédougou 08 Décembre 2019 

A propos de l'Auteur

-