Publié le: lun, Août 10th, 2020

Ligue des champions : Atalanta-PSG, un match couperet pour Thomas Tuchel

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Paris Saint-Germain’s German head coach Thomas Tuchel attends the friendly football match Paris Saint-Germain (PSG) vs Sochaux (FCSM) at the Parc des Princes stadium in Paris on August 5, 2020. (Photo by FRANCK FIFE / AFP)

Après avoir vaincu la malédiction des huitièmes de finale du Paris Saint-Germain en éliminant le Borussia Dortmund, Thomas Tuchel s’attaque désormais à ses propres démons contre l’Atalanta : jamais l’entraîneur n’a réussi à passer un quart de finale de Coupe d’Europe. Une mission qui s’avère décisive pour son avenir, alors que son contrat prend fin en juin 2021. Mais pour s’imposer face à la séduisante Atalanta, Tuchel devra composer avec l’autre malédiction qui touche le PSG depuis plusieurs saisons : une série de blessures au pire moment.

Thomas Tuchel sera-t-il encore l’entraîneur du Paris Saint-Germain à la fin de la semaine ? La question n’est pas encore sur toutes les lèvres, mais elle pourrait réellement se poser en cas d’élimination du PSG en quarts de finale de la Ligue des champions par l’Atalanta Bergame, ce mercredi soir. Après deux années passées sur le banc du club de la capitale, Thomas Tuchel pourrait voir son séjour à Paris prendre fin en cas de mésaventure à ce stade de la compétition, alors que ses dirigeants ambitionnent une victoire finale en C1.

L’Atalanta Bergame ne fait pas office de cador parmi les huit équipes qualifiées pour le Final 8, mais son jeu léché et décomplexé inquiète depuis plusieurs semaines les fins observateurs du PSG. D’autant plus lorsqu’on sait que depuis plusieurs années, Paris entretient une culture de la lose en Ligue des champions qui l’empêche de passer un cap. Malgré un tirage favorable – Atalanta en quarts, puis le RB Leipzig ou l’Atlético Madrid en demis – avec un chemin tout tracé vers la finale, tout le monde garde en tête les malheureuses expériences du PSG ces dernières saisons en Coupe d’Europe.

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Ces trois dernières saisons, le parcours de Paris avait pris fin en huitièmes de finale de la Ligue des champions. À chaque fois avec une déception immense et une forme d’incompréhension. Une malédiction qu’a cependant réussi à briser Thomas Tuchel cette saison, avec la qualification lors du tour précédent contre son ancien club, le Borussia Dortmund (1-2, 2-0). Mais passés les démons du club de la capitale, le PSG se présente dorénavant face à ceux de son entraîneur, qui n’a encore jamais passé le cap des quarts de finale en Coupe d’Europe. Les deux échecs qu’a connus Tuchel à ce stade de la compétition sont autant de douleurs dont il faudra faire abstraction mercredi.

Un cap à passer pour entrer dans la cour des grands

Lors de la saison 2016-2017, Tuchel avait été éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions par l’AS Monaco. Une double confrontation marquée par un attentat contre le bus du Borussia Dortmund, le club de l’époque de l’entraîneur allemand, à quelques heures du match aller. Tétanisés, marqués par l’événement, les joueurs de Dortmund avaient dû jouer dès le lendemain (2-3), avant d’être éliminés une semaine plus tard (1-3). “Nous voulions plus de temps pour digérer ces événements, mais nous n’en avons pas eu“, avait déclaré Thomas Tuchel.

Un événement qui mènera le Borussia à licencier l’entraîneur quelques semaines plus tard. “La gestion de l’attaque et ses conséquences a provoqué de grosses dissensions entre le directeur général et moi“, a par la suite expliqué le technicien allemand. Une saison plus tôt, Tuchel avait vécu un autre traumatisme en quarts de finale de la Ligue Europa. Bien différent celui-ci, puisque son équipe avait été éliminé dans les toutes dernières secondes par Liverpool grâce à un but de Dejan Lovren (1-1, 3-4). “Je ne peux pas l’expliquer, avait regretté Thomas Tuchel à l’issue de la rencontre. Si je pouvais l’expliquer, cela voudrait dire que c’est logique. Mais ce n’était pas logique, c’était émotionnel.

Thomas Tuchel lors de la défaite de Dortmund contre le Liverpool de Jürgen Klopp en 2016
Thomas Tuchel lors de la défaite de Dortmund contre le Liverpool de Jürgen Klopp en 2016 © Bernd Thissen/dpa/picture-alliance/MaxPPP

La malédiction des blessés

Un manque de rationalité qu’avait également évoqué l’entraîneur allemand la saison dernière après la défaite en huitièmes de finale contre Manchester United (2-0, 1-3). Une défaite cruelle, alors que le PSG avait largement dominé les débats. Mais une souffrance capable de transcender un groupe. Dans une interview accordée à L’Équipe en septembre 2018, Tuchel donnait sa conception de la plus belle des compétitions européennes : “La Ligue des champions, ce n’est pas une compétition seulement tactique, c’est une compétition de générations. Le Real Madrid a une génération qui sait comment gagner les matches, comment résister à la pression. Pour moi, il faut inverser les choses : si on travaille bien chaque jour, si on vit bien chaque jour en tant que groupe, nous devrions être prêts pour les grands matches“.

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Souffrir ensemble pour connaître l’intense joie de la victoire plus tard. Après des années de déception, l’effectif du PSG semble prêt pour cette destinée. Tuchel devra cependant composer sans trois éléments fondamentaux de l’équipe : Kylian Mbappé et Marco Verratti, blessés, et Ángel Di María, suspendu. Les latéraux poseront également problème à Tuchel. Un véritable chantier qui renvoie à la deuxième malédiction du PSG en Coupe d’Europe : les absences de ses joueurs cadres au pire moment.

Tensions avant ce quart décisif

Pour Tuchel, qui s’est également blessé à la cheville en fin de semaine dernière, ces forfaits pourraient l’empêcher d’accéder à sa première demi-finale de compétition européenne, alors même que le contexte du Final 8 semblait lui sourire. Alors que son contrat se termine en juin 2021, difficile de voir ses dirigeants prendre en compte ces absences pour l’affranchir de toute responsabilité en cas d’élimination. D’autant plus que le PSG n’est pas encore totalement convaincant dans le jeu malgré les ambitions affichées par Tuchel lors de sa présentation en mai 2018 : “J’espère que nos supporters tomberont amoureux de cette équipe. Mon plus grand souhait, c’est que les supporters adorent cette équipe, son esprit et la façon dont nous allons jouer“.

Un manque d’identité et la conscience de peut-être jouer sa place au PSG qui ont poussé Tuchel au coup de gueule en conférence de presse la semaine dernière, à l’issue de la finale de la Coupe de la Ligue remportée contre l’OL (1-0). Une défaite en quarts de finale mercredi contre l’Atalanta, belle équipe de football au demeurant, serait un échec criant pour le PSG alors que le club fait partie des favoris pour la victoire finale en Ligue des champions cette saison. Elle le serait également pour Thomas Tuchel, dont l’avenir au sein du club de la capitale pourrait très fortement s’assombrir en cas d’élimination. Pour l’entraîneur allemand comme pour le PSG, ce quart de finale de Ligue des champions est un match couperet. Une rencontre décisive pour chasser définitivement leurs démons respectifs en Coupe d’Europe.

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