Publié le: mer, Oct 21st, 2020

“Les entreprises qui informatisent plus tendent à créer des emplois”, selon l’économiste Philippe Aghion

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Deuxième vague épidémique, crise économique… le capitalisme est-il capable de se réinventer ? L’innovation peut-elle effacer le chômage de masse ? Avec la pandémie et le confinement lié au Covid-19“des activités ont été supprimées par la force”, affirme Philippe Aghion, invité éco de franceinfo mardi 20 octobre. Selon lui, il est “important de les préserver. L’Etat doit à la fois protéger, notamment le capital humain, mais en même temps, il va y avoir de nouvelles activités.”

Dans son ouvrage Le pouvoir de la destruction créatrice, paru le 14 octobre (Odile Jacob), l’économiste, professeur au Collège de France, explique que la destruction créatrice est le processus par lequel de nouvelles innovations viennent constamment rendre les technologies et activités existantes obsolètes. C’est le processus par lequel les emplois nouvellement créés viennent sans cesse remplacer les emplois existants.

“Aller vers la flexisécurité à la danoise”

Philippe Aghion en appelle à une action pragmatique de l’Etat. “Il y a des activités qui existaient et qu’il faut soutenir parce qu’elles sont profondément bonnes ; d’autres vont s’avérer moins importantes car les habitudes vont changer après le Covid-19, et puis il va y avoir de la réindustrialisation avec de nouvelles activités qu’il faudra encourager”, assure-t-il.

Philippe Aghion le montre dans son livre à l’aide de graphiques et de travaux académiques. Selon lui, “les firmes qui automatisent, certes substituent du travail par du capital, mais elles deviennent plus productives et couvrent un marché plus grand. Et comme elles couvrent un marché plus grand, elles créent des emplois. Les entreprises qui informatisent plus tendent à créer des emplois.”

D’après l’économiste, “il faut aller vers la flexisécurité à la danoise”“Le système danois est très adapté. Quand vous perdez votre emploi votre revenu est protégé et on vous aide à vous former pour rebondir. En France, on s’en approche mais très lentement”, conclut ce membre du Cercle des économistes.

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