
INFO LE PARISIEN. Après deux jours de silence, le président de la République a réagi à la déflagration politique causée par le jugement à l’encontre de la cheffe des députés RN à l’occasion du Conseil des ministres.
Tandis que la classe politique se déchire, que l’institution judiciaire est mise en cause, quand les juges ne sont pas carrément menacés ad hominem, son silence devenait assourdissant. Selon nos informations, Emmanuel Macron a finalement réagi à la déflagration politique provoquée par la condamnation de Marine Le Pen lors du Conseil des ministres de ce mercredi.
« Je veux rappeler trois choses simples : que l’autorité judiciaire est indépendante, que les magistrats doivent être protégés et ont droit d’être respectés, que tous les justiciables ont droit au recours », a-t-il déclaré dans ce huis clos.
« Indépendance de la justice »
Ce disant, Emmanuel Macron avance sur une ligne de crête : défendre « l’indépendance de la justice », « condamner toutes les menaces qui peuvent être formulées contre les magistrats », mais en même temps, marquer son attachement « à ce que les droits des justiciables soient garantis », énumère l’un de ses exégètes.
Le président s’est bien gardé de reprendre les mots de François Bayrou, qui a exprimé son « trouble » et ses « interrogations » face à ce jugement. Ou de prendre position sur sa volonté d’enclencher « une réflexion » parlementaire sur l’exécution provisoire. Ne rien dire eut été intenable. Lui, « le garant des institutions », ne pouvait rester muet plus longtemps.
Jugée coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen s’est vue infliger lundi 31 mars 4 ans de prison (dont 2 ferme aménagés sous bracelet électronique), une amende de 100 000 euros et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.