Publié le: ven, Nov 13th, 2020

“C’est le flou, le brouillard absolu” pour l’hôtellerie et la restauration, dénonce le président du GNI

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Le secteur de l’hôtellerie restauration est dans “le flou, le brouillard absolu”, se désespère Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants, hôtellerie et restauration (GNI), invité de franceinfo vendredi 13 novembre. Il déplore la décision de Jean Castex de maintenir les hôtels et restaurants fermés quoiqu’il arrive au 1er décembre. Le secteur “ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions. Nous avons besoin d’un langage de vérité de la part du gouvernement”, insiste Didier Chenet qui indique qu’il a rendez-vous lundi avec le ministre Bruno Le Maire pour évoquer la situation. “Nous, on est prêts à tout entendre”, ajoute-t-il.

franceinfo : Jean Castex a annoncé qu’il n’y aurait pas de réouverture des restaurants ni des bars au 1er décembre. C’est un coup de massue pour vous ?

Didier Chenet : Oui, mais ce n’est pas tant la non réouverture au 1er décembre qui nous a plombé, parce qu’on s’y attendait. Lors du premier confinement, on a été les derniers à rouvrir. Mais c’est surtout le flou, le brouillard absolu dans lequel le Premier ministre nous a plongés. Il a évoqué un assouplissement du confinement pour les vacances de Noël, sans parler de notre secteur. Qu’est-ce que l’on va faire ? Je rappelle que les vacances de Noël, c’est le début de la saison de montagne. Qu’est-ce qu’on fait pour les hôtels, les restaurants ? Ils vont pouvoir ouvrir ou pas ?

Qu’est-ce qu’on fait pour passer nos commandes ? On ne peut pas embaucher des saisonniers. Comment vous allez embaucher si vous n’êtes même pas capable de lui dire quand il va commencer à travailler. 

Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants, hôtellerie et restauration (GNI) 

à franceinfo

C’est insupportable. On ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions. Nous avons besoin d’un langage de vérité, quelle qu’elle soit.

Vous réclamez plus de visibilité sur les prochaines semaines, mais n’y a-t-il pas aussi un problème de visibilité pour les clients ? Est-ce qu’il y a déjà des réservations qui existent en vue des fêtes de fin d’année, ou au contraire c’est l’attente ?

Aujourd’hui, c’est des annulations de réservations en cascade. Donc, on est très inquiets. La situation est extrêmement mauvaise. Vous avez des hôtels qui, déjà, songent à ne pas ouvrir pendant les vacances de Noël. Je parle des hôtels en montagne parce qu’ils ont trop peu de réservations. Si le 28 novembre, au plus tard, nous n’avons pas des précisions sur ce qu’il en sera pour les stations de montagne, je peux vous dire que ce sera trop tard. La situation y est vraiment dramatique. Je me suis entretenu ce matin avec Bruno Le Maire. Il a conscience de la situation. Il va nous recevoir lundi et je lui ai demandé qu’il y ait un langage de vérité de la part du gouvernement. Nous, on est prêts à tout entendre.

L’appel lancé aux bailleurs des commerçants pour un crédit d’impôt de 50% pour ceux qui renoncent au loyer de novembre, est ce que c’est une bonne chose ?

Alors c’est une bonne chose. C’est nous qui avions fait cette proposition de ce crédit d’impôt de 50%. Mais ça ne va pas assez loin. À la fin de l’année, nous auront été fermés presque six mois : les trois mois pendant la première vague de l’épidémie, ensuite le couvre-feu, et là, on va être fermé, vraisemblablement au moins pour un mois et demi. Il faut absolument couvrir la totalité des mois de fermeture et de couvre-feu avec cet avantage de 50%. Alors, que ce ne soit pas applicable à tous les secteurs, je l’entends. Mais tous les secteurs n’ont pas été dans la même situation que nous. Encore une fois, nous subissons à la fois les fermetures et le fait que il n’y ait pas eu de touristes, ni étrangers, et encore moins européen. Nous sommes parfaitement conscients que la question sanitaire doit effectivement guider les décisions du gouvernement. Mais il doit prendre ses responsabilités et nous dire, voilà ce qu’il en est. On est parfaitement capable de l’entendre, il faut simplement nous le dire.

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