Publié le: lun, Août 7th, 2017

Un an après, rassemblement pour le Chinois Chaolin Zhang tué à Aubervilliers

Le père de famille de 49 ans s’était fait agresser dans les rues de la ville de Seine-Saint-Denis le 7 août 2016. Il est mort après cinq jours de coma. Ses agresseurs présumés seront jugés.

Un an après l’agression de Chaolin Zhang, la communauté asiatique se rassemblera ce lundi 7 août de 16 à 19 heures. Le comité «Sécurité pour tous» a appelé tous les manifestants à se réunir sur le lieu du drame, au 59, rue de l’École à Aubervilliers. «La vigilance et la mobilisation dans ce combat contre l’insécurité et contre le racisme restent d’actualité», ont indiqué les membres de l’association dans un communiqué.

Il y a un an, deux Chinois sont agressés en pleine rue par trois personnes. Les agresseurs pensaient qu’ils détenaient de l’argent, de part leur origine asiatique. Chaolin Zhang, 49 ans, a reçu un coup de pied au torse et est tombé sur le trottoir, ce qui lui occasionna un traumatisme crânien. Il est décédé après cinq jours de coma. Son ami a, quant à lui, subi cinq jours d’interruption totale de travail après s’être fait voler sa sacoche.

Les agresseurs renvoyés en procès

Après la mort de Chaolin Zhang, de nombreuses manifestations ont eu lieu à Aubervilliers, où la communauté chinoise est très forte. D’autres rassemblements se sont tenus dans la capitale, notamment le 4 septembre 2016. Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés place de la République pour lutter contre le racisme anti-asiatique.

Les trois agresseurs présumés ont été renvoyés en procès en juillet dernier, après un an de procédure. Ils sont accusés de «vol avec violences ayant entraîné la mort». Le juge d’instruction a retenu une circonstance aggravante de l’agression commise en raison de «l’apparetenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une nation». Deux des agresseurs, âgés de 17 et 19 ans lors des faits, ont été renvoyés devant la cour d’asssises des mineurs. Le dernier, âgé de 15 ans, sera lui renvoyé devant le tribunal pour enfants. Lors de l’enquête, ils avaient reconnu leur implication, mais minoré les faits.

«C’est un crime crapuleux sous-tendu par un préjugé raciste selon lequel Chinois = cash dans la poche», a dit à l’AFP Vincent Fillola, avocat de la victime blessée et des proches des deux hommes, qualifiant de «première victoire judiciaire» le fait que la juge d’instruction ait retenu la dimension «raciste» de l’agression.

Le comité «Sécurité pour tous» a salué «une première victoire dans cette affaire pour tous les manifestants du 4 septembre dernier qui ont appelé les pouvoirs publics à prendre conscience de la montée d’un racisme anti-asiatique». Mais aussi une victoire pour tous ceux qui se mobilisent contre le racisme en général.

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