Publié le: lun, Août 5th, 2019

Macron-Philippe, pourquoi se dire adieu ? Le couple exécutif a trouvé son rythme de croisière. Et pourrait, malgré certaines rumeurs, jouer les prolongations.

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Le président, qui avait jusqu’alors du mal à déléguer, a laissé les clés la semaine passée au Premier ministre. LP/Jean-Baptiste Quentin

Il a tenu la boutique toute la semaine. À la veille du grand chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens, alors que le président s’offrait bains de mer et bain de foule à Brégançon (Var), Édouard Philippe expédiait les affaires urgentes à Matignon.

Lundi 29 juillet, c’est le Premier ministre qui faisait le point sur l’avancée du chantier de Notre-Dame avec Franck Riester (Culture). Mardi, c’est lui qui convoquait Christophe Castaner sur l’affaire de la disparition du jeune Steve à Nantes. Mercredi, il recevait discrètement Benjamin Griveaux pour tenter d’éviter la zizanie à LREM aux municipales à Paris. Lui encore qui a reçu une flopée de grands patrons (Patrice Caine de Thales, Bertrand Camus de Suez), de ministres encore sur le pont (dont Élisabeth Borne , la nouvelle « Madame Écologie ») et d’élus.

Une semaine révélatrice du nouveau partage des tâches au sein du couple exécutif, avec un président qui laisse enfin son Premier ministre en première ligne. L’hyperprésidence, de l’histoire ancienne ? « C’était une erreur colossale », concède un intime du chef de l’Etat. Le tandem exécutif a trouvé son rythme, fluide. Un signe ? Les macronistes du premier cercle, qui avaient volontiers la dent dure sur les « technos » de Matignon, se font moins caustiques. Ils finissent même par trouver des vertus au « très fidèle » Édouard Philippe.

«Macron n’a pas intérêt à le remplacer»

Pourquoi, dès lors, changer un numéro de duettistes qui fonctionne ? L’hypothèse d’un remaniement à l’automne pour préparer les municipales fait l’objet de toutes les rumeurs, tantôt présentée comme certaine, tantôt démentie. « C’est parti pour », jure un important conseiller du pouvoir, qui prédit un grand bouleversement. Un autre, plus prudent, préfère plutôt parler d’« ajustements nécessaires ».

Mais tous assurent que Philippe est là pour plusieurs mois encore. « Pourquoi voulez-vous changer ? Il est en train de prendre sa place et c’est un type très loyal », vante un proche du président. « Macron n’a pas intérêt à le remplacer, mais a-t-il envie, lui, de rester ? » poursuit un autre, d’habitude moins amène.

Même le scénario d’un atterrissage en urgence à Paris est regardé avec circonspection. « Il vaut mieux perdre Paris que perdre son Premier ministre ! » assène un haut conseiller du président. Faut-il y voir signe ? Jeudi et vendredi, avant de partir enfin en vacances, le Premier ministre devait faire un crochet par sa chère ville du Havre, dont il a été maire.

«Pas grand monde sur le banc de touche»

Plus que pourquoi, la question est surtout par qui le remplacer ? « Il n’y a pas grand monde sur le banc de touche », avoue, embarrassé, un macroniste, qui dresse le portrait du candidat idéal : un positionnement central sur l’échiquier politique, une fine connaissance des territoires, et un capital empathie. « Il faut quelqu’un qui sache faire travailler les gens ensemble ».

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