Publié le: ven, Fév 8th, 2019

Affaire Benalla, ouverture d’une enquête pour « corruption »

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Après les violences du 1er mai et l’imbroglio autour des passeports diplomatiques, l’inextricable affaire Benalla prend un nouveau tournant judiciaire : le parquet financier a ouvert une enquête sur un contrat signé avec un sulfureux oligarque russe.

Le parquet national financier (PNF) a confirmé jeudi 7 février l’ouverture d’une enquête, révélée par Mediapart, sur un contrat signé avec un sulfureux oligarque russe sans plus de commentaires.

Au même moment, Matignon a annoncé la démission de la cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM), prise dans la tourmente de cette affaire qui n’en finit plus de rebondir. Dans la foulée, le ministère des armées a annoncé à l’AFP la suspension du compagnon de cette dernière, un militaire, soupçonné d’être également mouillé dans le dossier.

Selon Mediapart, les investigations du PNF ont été ouvertes, à une date non précisée, pour « corruption » et concernent un contrat signé entre Mars, la société de Vincent Crase – ex-employé de LREM et gendarme réserviste – et l’oligarque russe Iskander Makhmoudov, qui aurait été « négocié » par l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, « du temps où il était à l’Elysée ».

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  • La Croix met en valeur les lieux ou les sujets où se joue la dignité des hommes et des femmes de ce temps.Le journal en ligne avait révélé l’existence de ce contrat le 17 décembre, affirmant que Iskander Makhmoudov avait rémunéré Vincent Crase 294 000 euros le 28 juin 2018. Le contrat, qui « prévoyait la protection des biens immobiliers en France de l’homme d’affaires, et de sa famille à Monaco » selon Mediapart, avait été sous-traité à la société Velours, ancien employeur d’Alexandre Benalla.

Le 21 janvier, M. Crase avait affirmé devant le Sénat avoir travaillé pour cet oligarque russe une fois parti de l’Elysée, et sans l’aide d’Alexandre Benalla, mis en examen comme lui pour des violences sur des manifestants le 1er mai 2018.

Mais selon Mediapart, les discussions autour du contrat ont commencé « dès l’hiver 2017 » et « se sont accélérées en juin » 2018. Ce contrat a été évoqué dans une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase enregistrée le 26 juillet et dont des extraits ont été publiés le 31 janvier par Mediapart.

Démission de la cheffe du groupe de sécurité du premier ministre afin d’« écarter toute polémique »

La révélation de cet enregistrement a suscité un nouveau rebondissement dans l’affaire, aboutissant à la démission jeudi de la cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM), Marie-Elodie Poitout, afin d’« écarter toute polémique ». Des journalistes ont en effet tenté de vérifier auprès de Matignon des rumeurs selon lesquelles cette conversation avait été enregistrée au domicile de cette dernière.

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L’affaire Benalla rebondit de nouveau

Dans une lettre datée du 1er février et obtenue par l’AFP, les services du premier ministre expliquaient au Parquet de Paris avoir questionné la cheffe du GSPM sur cette rencontre.

Selon une source proche du dossier, c’est sur la base de ce courrier que le parquet a ouvert une enquête et tenté lundi de perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements, une initiative vivement dénoncée par le site d’information, plusieurs médias et l’opposition comme une atteinte au secret des sources des journalistes.

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Pourquoi les sources des journalistes sont-elles protégées ?

Matignon n’a donné « aucune instruction » au parquet de Paris au sujet de cet enregistrement révélé par Mediapart, a assuré Édouard Philippe dans une interview à Paris-Normandie.

La Croix avec AFP

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