Publié le: lun, Oct 22nd, 2018

Bébés sans bras: le gouvernement rouvre l’enquête

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La lanceuse d’alerte de l’Ain salut comme « une grande avancée » cette décision.

Objectif: trouver enfin des explications. Le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle enquête sur les différents cas de bébés nés sans bras dans plusieurs départements. Interrogée sur ce dossier lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré qu’il était « insupportable » que ces cas groupés restent sans explication.

« On ne peut pas se satisfaire de dire qu’on n’a pas trouvé de causes », a indiqué la ministre, notamment pour expliquer les différents cas enregistrés dans l’Ain.

Dans ce département, « il y a un débat entre les scientifiques pour savoir s’il y a un excès de cas. (…) Ces sept cas ont été étudiés, les familles ont été vues par Santé publique France (SPF). Nous avons décidé avec François de Rugy [ministre de l’Environnement] de relancer une enquête », dit-elle.

Une nouvelle méthodologie

Ces nouvelles investigations seront menées en mobilisant cette fois deux structures distinctes et une méthodologie différente. « On a une autre agence, l’Agence de sécurité environnementale (Anses) donc on relance une enquête avec ces deux agences en même temps, pour voir si leurs regards croisés entre les médecins purs et durs de SPF et des personnes qui connaissent mieux l’environnement trouveront une cause », conclut Agnès Buzyn.

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Outre l’Ain, des cas de bébés nés sans bras ont été observés en Loire Atlantique (trois naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (quatre naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

Après une première enquête, l’agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l’Ain n’était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l’inverse, il y a bien, selon cette même structure, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais qui restent sans explications.

La lanceuse d’alerte salue la nouvelle

Emmanuelle Amar, directrice générale du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), a salué dimanche après-midi comme une « grande avancée » cette décision du gouvernement. « C’est une bonne nouvelle que je salue, c’était la seule solution raisonnable et sage », a-t-elle déclaré à l’AFP. Elle « salue aussi le fait que Mme Buzyn reconnaisse le rôle scientifique et social des registres ».

Au cours du Grand Jury, la ministre a en effet assuré qu’il était « hors de question d’arrêter la subvention des registres » des malformations congénitales de France. Cette annonce vaut notamment pour le Remera dirigé par Emmanuelle Amar: le plus ancien des six registres, basé à Lyon, est au centre d’une polémique scientifique. C’est cette structure qui a révélé, l’été dernier, que plusieurs bébés sont nés ces dernières années sans mains, bras ou avant-bras dans l’Ain.

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« Quand il y a un registre qui cumule des cas pendant 20 ans/30 ans, si à un moment vous l’arrêtez, on ne peut plus le démarrer, vous perdez l’information. Quand on a un registre qui fonctionne, il ne faut surtout pas l’arrêter », a souligné la ministre.

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