Publié le: sam, Sep 22nd, 2018

Oise : filmée en train de frapper un lapin, une ado vit un enfer

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Une vidéo dans laquelle on voit une jeune fille maltraiter un lapin a été largement relayée sur Internet. Depuis, cette dernière est victime de harcèlement. Son père témoigne.

Six petites secondes qui font de son quotidien un vrai calvaire. Une adolescente de Compiègne, âgée de 14 ans, vit un enfer depuis dimanche, jour de son anniversaire. À cette occasion, comme cela est très répandu chez les jeunes, ses amis ont posté sur les réseaux sociaux des images d’elle. Sauf que l’une de ses copines, sans penser à mal, a mis en ligne sur Snapchat un film dans lequel on la voit frapper violemment un lapin avec son pied. Rapidement, les images deviennent virales sur les réseaux sociaux.

En quelques jours, elles ont été visionnées plus de 40 000 fois. Et les messages de haine, de menaces, parfois de mort, se comptent par centaines. Une association alsacienne pour le respect des animaux, One Voice, assure même avoir déposé une plainte auprès du parquet de Compiègne, qui n’est pas en mesure de le confirmer pour le moment.

« Elle a voulu, stupidement, abréger ses souffrances »

Cette vidéo, tournée cet été aux abords de la forêt de Lacroix-Saint-Ouen, la jeune fille « avait demandé à son amie de la supprimer », se désole Daniel*, son père abasourdi par tant de violence. Selon lui, il y a surtout une mauvaise interprétation d’images sorties de leur contexte.

« Ma fille a conscience qu’elle a fait une bêtise, elle en a mal au cœur, confie-t-il. Mais le groupe d’amis a ce jour-là croisé un homme qui leur a dit que ce lapin, qui saignait des yeux et des oreilles, n’allait pas s’en sortir. Elle a voulu, stupidement, abréger ses souffrances. »

« Je crois qu’elle a compris son erreur »

Sans ces éléments, les réseaux sociaux ont joué un rôle de tribunal. L’ado a dû supprimer tous ses comptes. « Je crois qu’elle a compris son erreur, a pu s’expliquer avec ses amis. Toute notre famille est impactée. Nous aimons les animaux et nous allons même adopter un chaton », assure son père, très inquiet de voir circuler l’adresse de son domicile sur Internet.

Il a bien essayé d’endiguer la propagation de la vidéo, en écrivant notamment au ministère de l’Intérieur. En vain. Il a désormais saisi un avocat en droit à l’image pour porter plainte et n’exclut pas de poursuivre en justice toute personne qui menacerait sa fille. « J’ai été reçu par le responsable de son collège, pour la protéger », raconte ce père, dépassé. Il lance un appel aux parents : « Prenez garde aux réseaux sociaux avec vos enfants ! Ils ne sont pas prêts à affronter tout cela. »

*Le prénom a été modifié

Que risquent les harceleurs ? Les messages de haine sont nombreux. Sous la vidéo, relayée par l’association One Voice notamment, l’anonymat des réseaux sociaux a encore fait une victime avec cette jeune fille filmée en train de donner un coup de pied à ce lapin.

Si son père tente de l’empêcher d’aller voir tous les messages postés, elle a reçu des centaines d’insultes avant de supprimer ses comptes. Ses amis ont bien essayé de la protéger en la défendant, leurs appels ont été noyés dans le flot d’attaques.

Le cyberharcèlement est désormais condamnable. Depuis quelques années, les personnes majeures qui s’attaquent à des victimes de moins de 15 ans risquent une peine allant jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

De son côté, la jeune fille peut être punie de 1 500 € d’amende pour avoir blessé ou entraîné volontairement la mort d’un animal. Si les faits sont qualifiés de sévices graves, la peine maximale encourue est de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

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