Publié le: mar, Juin 26th, 2018

Entre Nadine Morano et Laurent Wauquiez le courant passe

Ça n’est pourtant pas son genre mais Nadine Morano s’est faite discrète depuis les primaires de la droite et la défaite de son mentor Nicolas Sarkozy. À peine a-t-elle esquissé quelques pas sur les estrades, pour soutenir Laurent Wauquiez, fin 2017. Mais la cure de silence semble terminée.

Depuis quelques jours, l’ancienne ministre est partout. Plateau télé, rencontre avec les journalistes de presse écrite, elle se déploie comme au bon vieux temps. Il faut dire que les élections européennes approchent à grands pas et qu’elle se verrait bien prendre la tête de liste LR. Or, ça n’est pas gagné car le très centriste Jean Leonetti semble, pour l’instant, avoir les faveurs du Président des Républicains. Son cher Nicolas Sarkozy, lui-même, préférerait une candidature Wauquiez à celle de l’ex-ministre.

« Je l’ai dit à Nicolas : on a changé d’époque. Laurent ne peut pas lâcher sa Région pour devenir député européen », assure, à La Dépêche du Midi, Nadine Morano qui défend ainsi ses chances, tout en nuançant : « Les combats électoraux j’en ai toujours envie, mais ça n’est pas mon obsession. Mon obsession c’est la ligne politique ».

Or, de ce point de vue là, la députée se sent proche de l’actuel président des LR. « La ligne de Laurent Wauquiez, c’est la mienne. Je n’ai pas soutenu une personne mais un programme », affirme-t-elle en découpant sa sole meunière et d’ajouter : « Une ligne européenne et protectrice mais pas protectionniste car le protectionnisme détruit les emplois. Sur l’immigration, je me sens plus proche de Orban que de Macron ».

Autant dire qu’avec Laurent Wauquiez, la greffe a pris. Et si certains, à droite, assurent qu’elle sera présente sur la liste européenne, comme Rachida Dati et Brice Hortefeux, à la demande de l’ancien président des LR, elle partage avec le nouveau bien des choses.

Sur la forme tout d’abord : « Avec Laurent, on fonctionne par notes et par textos et c’est cash car il a beaucoup observé l’esprit de cour, il déteste ça et moi je ne suis pas cire pompe », explique Nadine Morano. Elle adhère aussi à la stratégie de Laurent Wauquiez qui est de maintenir un cap très à droite quitte à provoquer le départ de certains cadres plus modérés comme Virgine Calmels ou Jean-Pierre Raffarin qui menace.

« Laurent doit tenir sa ligne », assure-t-elle contre l’avis de son ancien mentor qui multiplie les appels au rassemblement. Mais son cœur reste fidèle à l’ex-chef de l’Etat qu’elle voit régulièrement. Il y a 15 jours, elle lui a présenté le président du parlement panafricain. « Si Nicolas était président des LR il y aurait moins de départs, reconnaît Nadine Morano qui ajoute : il n’a renoncé à rien et surtout pas à la France. Ça bouillonne intérieurement. Si c’est le chaos et qu’on lui dit : Nicolas revient, il reviendra ». Ce qui n’est pas du goût d’un certain… Laurent Wauquiez.

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