Publié le: mar, Juin 26th, 2018

En Chine, levée de l’embargo sur le bœuf français et des promesses renouvelées pour Airbus

La Chine a officialisé hier la fin de son embargo sur la viande bovine française, qui datait de la crise de la vache folle. Une nouvelle très attendue par les agriculteurs d’Occitanie qui convoitaient ce marché asiatique en pleine expansion.

Le bœuf français va faire son grand retour sur les étals des marchés de Chine. Son importation y était interdite depuis 2001, lointain stigmate de la crise de la vache folle. Mais après des années de tractations, un protocole d’accord a finalement été signé, hier, à Pékin en présence du Premier ministre Edouard Philippe et de son homologue chinois Li Keqiang. Ce document, validé à l’issue d’une visite de quatre jours en Chine, concrétise un engagement obtenu par Emmanuel Macron lors de sa visite en janvier. « Ces accords sur lesquels les deux chefs d’Etats s’étaient engagés permettront aux consommateurs chinois d’apprécier l’excellence du terroir français », a affirmé Edouard Philippe.

Des « opportunités colossales »  pour l’Occitanie

« C’est une très très grande nouvelle », s’est réjoui Dominique Langlois, président d’Interbev (association nationale du bétail et des viandes) et qui faisait partie de la délégation française. En Chine, la consommation de bœuf par la classe moyenne explose, mais la production nationale est encore largement insuffisante. Pour se tailler une part du gâteau, Interbev vise donc un objectif de 30 000 tonnes par an pour le marché chinois. Les premières exportations sont espérées pour septembre. « Les opportunités sont colossales quand on parle du marché chinois, abonde Valérie Imbert, présidente de la commission viande bovine à la FDSEA de l’Aveyron. C’est un avenir pour notre filière et notre région. On ne peut que se réjouir. »

La filière pèse, en effet, lourd dans son département, ainsi que dans le Tarn, en Lozère et sur le Piémont pyrénéen. On y compte plus de 16 000 exploitations ayant une filière viande bovine et plus de 800 spécialisées. Cette production, relativement stable, était de plus de 88 000 tonnes équivalent carcasse en 2016, soit 6 % de la production nationale, selon la Chambre régionale d’agriculture. Actuellement, le bœuf occitan s’exporte déjà en Italie, en Espagne, au Maghreb et donc bientôt en Chine. Sur ce marché, la concurrence des bœufs australiens et néo-zélandais sera rude. Mais entre la qualité de ses races, un système de traçabilité efficace et une hygiène pointilleuse, la filière française ne manque pas d’atouts.


Airbus : promesses renouvelées

Lors de sa visite en janvier, Emmanuel Macron avait arraché in extremis une méga-commande Airbus (184 avions A320), dont l’officialisation se fait attendre.  Matignon se voulait très prudent, mais le Premier ministre chinois a donné des nouvelles encourageantes. « Nous sommes prêts à poursuivre nos discussions sur des achats en quantité des avions Airbus, en vue de la signature d’un accord en temps voulu », a déclaré Li Keqiang. « C’est un des acquis de cette visite », a-t-il ajouté. La Chine est lancée dans une guerre commerciale avec les États-Unis qui pourrait desservir le principal concurrent d’Airbus, Boeing. « Je me réjouis que la Chine ait confirmé sa volonté forte de concrétiser prochainement les engagements pris en janvier concernant les acquisitions d’Airbus. Et même d’en envisager de nouvelles », a réagi le Premier ministre Edouard Philippe.

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