Publié le: dim, Juin 24th, 2018

10 personnes soupçonnées de préparer des attentats contre des musulmans arrêtées en France

Un vaste coup de filet a été mené ce week-end contre un groupuscule d’ultra-droite projetant des attentats.

Dix personnes liées à l’ultra-droite ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche dans toute la France, notamment deux en Corse, par les services antiterroristes dans le cadre d’une enquête sur des projets d’attaques ciblant des musulmans. Ces interpellations ont été menées par la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure), dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris le 14 juin.

L’opération antiterroriste s’est déroulée en région parisienne, en Corse-du-Sud, dans le Cher, en Haute-Vienne et en Charente-Maritime.

Les suspects, âgés de 32 ans à 69 ans, avaient « un projet de passage à l’acte violent aux contours mal définis à ce stade, ciblant des personnes de confession musulmane », a précisé une source proche de l’enquête. Une autre source a indiqué que ce groupe visait « des cibles présumées en lien avec l’islam radical ».

Un ancien policier parmi les interpellés

Selon nos informations, parmi les interpellés figure Guy S., ancien policier à la retraite âgé de 65 ans, vivant en Charente-Maritime. Il est suspecté de diriger le groupe d’ultra-droite, appelé AFO (« Action des forces opérationnelles »). Ce groupe est une structure clandestine et dissidente longtemps mise en sommeil et réactivée par ce Guy S. dans la volonté de lutter contre un soi-disant péril islamiste et d’en faire un groupe plus offensif.

Ce groupe est suspecté d’avoir voulu acquérir des armes et s’en prendre à la communauté musulmane. L’enquête a débuté en avril dernier, en préliminaire, lorsque la DGSI a découvert que le groupe confectionnait des grenades artisanales et s’entraînait.

Des armes retrouvées lors des perquisitions

Parmi les cibles potentielles de AFO : des imams radicaux, des détenus islamistes ou encore des femmes voilées choisies au hasard. Des projets meurtriers auraient été évoqués lors de réunions secrètes.

Plusieurs armes à feu ont été découvertes lors des perquisitions et certains suspects auraient évoqué la fabrication de grenades et explosifs. Les dix hommes, pour la plupart inconnus de la police, sont placés en garde à vue pour 96 heures.

«Je salue l’engagement constant de la DGSI qui veille au quotidien à la protection des Français face à toute action violente, d’où qu’elle vienne », a réagi Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur.

En octobre 2017, un précédent coup de filet avait conduit à l’arrestation d’une dizaines de militants d’extrême droite pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», à Marseille et en Seine-Saint-Denis.

Tous les protagonistes étaient soupçonnés d’appartenir au groupe OAS, nom donné en référence au sigle de l’Organisation de l’armée secrète, responsable d’une campagne sanglante contre l’indépendance de l’Algérie au début des années 1960.

Leur objectif était de commettre des lieux de cultes musulmans, des hommes politiques, des migrants ou encore des militants antifascistes.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a dénoncé ce dimanche « les multiples discours réactionnaires qui, dans l’espace public, démonisent les musulmans, se sentent suffisamment soutenus pour passer de leur pensée-poubelle («La France submergée par des musulmans derrière chacun desquels se cache un islamiste ») à des actes sanglants. »

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