Publié le: mar, Mai 22nd, 2018

Dans la Seine-Saint-Denis, la grande misère de la médecine scolaire

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A picture taken on March 10, 2017, shows the Suger secondary school in Saint-Denis, north of Paris, near which clashes broke out after the school was evacuated on March 7 afternoon when students let off smoke bombs inside the premises, leading to 54 arrests.
As the school emptied, a group of 80 to 100 pupils began throwing stones at police, setting fire to bins and breaking public property, police sources told AFP. Secondary schools in Paris have been repeatedly disrupted amid anger over police brutality following the alleged assault of Theo, a young black man, in early February who says he was anally raped with a baton during his arrest. / AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Selon un rapport parlementaire, le département ne compte plus que 24 médecins scolaires, qui doivent hiérarchiser leurs missions, au détriment d’autres.

« Vous savez, nous sommes une espèce en voie d’extinction », annonce d’emblée Nathalie Faraud, médecin scolaire, à une mère venue consulter mardi 15 mai à l’école Emile-Zola de Sevran, pour sa fille Alice [le prénom a été modifié]. En classe de CE1, Alice rencontre des difficultés d’apprentissage, après avoir déjà redoublé le CP. Dossier médical en main, la médecin consulte les notes de l’équipe pédagogique, inquiète des progrès trop lents de la petite fille, qu’ils soupçonnent d’être atteinte de troubles cognitifs.

« Comment voyez-vous l’année prochaine ?, lui demande la médecin. Elle ne serait pas mieux dans une classe plus petite ? » Bienveillante, elle prépare le terrain : Alice pourrait avoir besoin d’un aménagement particulier. « Sa mère voit bien qu’elle est en difficulté, mais elle ne se doute absolument pas qu’elle peut avoir un handicap », explique la professionnelle de santé.

Dans la Seine-Saint-Denis, la médecine scolaire est en crise. Dans l’ensemble du département, on ne compte plus que vingt-quatre médecins scolaires, selon un rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté le 31 mai à l’Assemblée nationale. Un pour 12 000 à 13 000 élèves, contre 5 000 recommandés. En moyenne, en France, un médecin s’occupe de 10 500 élèves, selon le Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU-UNSA Education). Le département en comptait trente-huit il y a dix ans. Quarante-neuf postes sont pourtant budgétés, mais la moitié ne trouvent pas preneur. En début de carrière, un médecin scolaire gagne 1 700 euros net. Avec les primes, le salaire grimpe jusqu’à 2 200 euros.

« S’adapter et prioriser »

Médecin scolaire depuis 2000, Nathalie Faraud exerce dans les communes de Sevran et de Livry-Gargan, soit un total de 17 000 enfants scolarisés. Elle ne saurait dire combien elle en reçoit. « Le chiffre me décevrait, concède-t-elle. Depuis…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2018/05/18/en-seine-saint-denis-la-grande-misere-de-la-medecine-scolaire_5301247_1473685.html#3ARWM1cVxmAc6yiW.99

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