Publié le: mar, Avr 24th, 2018

Dispute politico-historique à l’Assemblée sur le droit du sol

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Paris (AFP) – La proposition du FN de supprimer le droit du sol et celle de LR de le restreindre ont déclenché dimanche à l’Assemblée une passe d’armes politique avec la majorité et surtout les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon en tête, mêlée d’une dispute historique.

Dans la dernière ligne droite de l’examen du projet de loi immigration-asile, Marine Le Pen a défendu un amendement pour supprimer « tous les articles de notre législation qui consacrent dans le droit positif le droit du sol ou le double droit du sol ».

L’ancienne finaliste de la présidentielle a aussi ironisé sur le président de LR, Laurent Wauquiez qui, « de manière nouvelle, souhaite supprimer le droit du sol ».

La rapporteure du texte Elise Fajgeles (LREM) a plaidé que « c’est l’honneur de notre pays d’offrir la nationalité aux enfants nés et élevés en France ».

Et le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon s’est exclamé: « Madame Le Pen, vous n’y pensez pas, c’est l’Histoire de France que vous voulez défaire », « le droit du sol a été promulgué par François 1er » et est « consubstantiel à l’identité de la France ».

« Ne mêlez pas l’Histoire de France à tout ça », a notamment riposté Claude Goasguen (LR). Et, a-t-il lancé plus tard, « jamais la France n’a été plus répressive envers les étrangers qu’en 1793, alors arrêtez vos affabulations historiques ».

Par 133 voix contre 7, l’amendement FN a été rejeté, LR ne l’a pas voté.

Peu après, Guillaume Larrivé a exposé que « le groupe LR n’est pas favorable à la suppression du droit du sol, mais veut que la loi réaffirme l’exigence d’assimilation à la communauté française » et souhaite « modifier les conditions du droit du sol », notamment sur la « régularité du séjour des parents » ou l’absence de condamnation pour crime.

« Vous instrumentalisez le droit du sol pour faire une sorte de tribune et vous éloigner des objectifs de notre texte », a répondu aux FN et LR la rapporteure, jugeant que « le droit du sol n’a pas besoin d’être rétabli, il existe, ni limité, c’est l’honneur de la France la manière dont il fonctionne ».

Jacques Marilossian (LREM) a appelé à ne pas voter ces changements, soulignant être un « député de la Nation » descendant de « grands-parents apatrides » et invitant les élus ayant des grands-parents d’origine étrangère, comme « au moins un tiers des Français », à se lever, ce que certains ont fait sur divers bancs.

A l’inverse, Mansour Kamardine, appuyé par ses collègues LR, a défendu des modifications du droit du sol pour Mayotte, où « nous sommes submergés ».

Pour la présidente du FN, qui a soutenu cet amendement « mieux que rien », « Mayotte et la Guyane » sont des « témoignages » des échecs des gouvernements de droite et de gauche.

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