Publié le: mar, Avr 10th, 2018

Règlement de comptes avec Macron et Hamon : le livre de François Hollande sera-t-il un best-seller ?

François Hollande est de retour … en librairie. L’ancien chef de l’Etat publie un livre bilan de son quinquénnat. Il y parle de son action, de ses regrets et de la candidature puis de l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée. « Les leçons du pouvoir » (éditions Stock) sort mercredi en librairie. Le Figaro et le Nouvel Obs en dévoilent plusieurs extraits aujourd’hui, que voici.

Emmanuel Macron candidat ?

«Je l’exhorte à démentir au plus vite la rumeur. Sa réponse est nette: il n’y aurait que “de la malveillance”. Et il ajoute dans son message: “Mes soutiens diront demain que le 12 (juillet 2016) ne sert ni à démissionner ni à annoncer ma candidature. Grotesque. Bises”. Mais à la Mutualité, en présence d’une foule qui scande des “Macron président!”, il s’écrie: “Plus rien n’arrêtera le mouvement de l’espoir. Nous le porterons ensemble jusqu’en 2017 et jusqu’à la victoire!” Le doute n’est plus permis, même s’il m’assure, imperturbable, qu’il n’a pas “personnalisé” la victoire, laquelle pourrait donc être la mienne. Toujours cette façon de nier l’évidence avec un sourire».

La démission d’Emmanuel Macron du gouvernement

« Il m’annonce qu’il veut retrouver se liberté. Je lui demande ce qu’il fera si je me déclare. Il entre dans un développement emberlificoté sur une “offre politique” qui exprime bien plus la gêne que l’ambiguïté. Sa non-réponse en est une. Qu’a-t-il à perdre ? Je comprends ce jour là qu’Emmanuel Macron ne s’inscrit pas dans l’histoire de la gauche, pas davantage dans celle de la social-démocratie, ni même dans une recomposition qui pourrait préfigurer une coalition progressiste. Il est à son compte. Il a créé une entreprise; il entend la mener le plus loin possible».

La déroute de Benoît Hamon

«Une défaite cuisante pour lui. Un désastre pour sa famille politique, qu’il s’empresse de quitter en signe de gratitude». (…) Un candidat de la gauche, si elle avait été unie, était en mesure de l’emporter».

Président de tous les Français

«Je sais d’où je viens, à quelle histoire j’appartiens et quelles valeurs je défends. D’autres croient que dans le ciel ne luit qu’une seule étoile, la leur, que tout est affaire de chances et de circonstances, et qu’ils ne sont liés à rien ni à personne. J’ai toujours admis la compétition politique. Mais je pense qu’elle doit se livrer au grand jour et s’assumer franchement. Convenons que ne fut pas le cas. Président, j’ai été celui de tous les Français mais je n’ai cessé de me situer dans un camp, celui du progrès. C’est ce qui a été appelé “l’ancien monde”. C’est le mien. Il a de l’avenir».

Loi Travail : « une erreur de méthode et de calendrier

«Je maintiens que la réforme était justifiée même si elle ne figurait pas dans mon programme. Elle vivifiait les négociations d’entreprise. Elle adressait un message d’encouragement aux PME, elle comprenait des avancées sociales dans un contexte où la mobilité est devenue la réalité vécue de beaucoup de salariés. (…) C’était un compromis social-démocrate fondé sur l’équilibre entre souplesses et garanties, différent dans sa philosophie et ses modalités des ordonnances mises en œuvres par le gouvernement d’Édouard Philippe que seul le Medef a approuvées. Je reconnais néanmoins une erreur de méthode et de calendrier. Préparé dans une période où les attentats mobilisaient notre attention le texte n’a pas fait l’objet d’une concertation suffisante. Sa présentation a été précipitée. Les mesures les plus discutables n’ont pas été expliquées avec la pédagogie nécessaire. L’annonce maladroite d’un recours au 49-3 avant même l’ouverture du débat parlementaire, qui tenait du coup de menton, avait été perçue au mieux comme une maladresse, au pire comme une provocation».

Son regret : la déchéance de nationalité

«Tel est mon regret : avoir sous-estimé l’impact émotionnel de la déchéance de nationalité. (…) Aujourd’hui encore, je suis sûr que notre démarche ne menaçait en rien les libertés publiques, pas plus que les principes d’égalité entre les citoyens. Mais en démocratie, il ne suffit pas d’avoir raison, il faut aussi convaincre».

 

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