Publié le: sam, Mar 24th, 2018

Prairie des Filtres : les agresseurs sont maintenus en détention

 

Hier, cinq des huit individus impliqués dans l’agression à la Prairie des Filtres, dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 mars, ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Qui a commencé ? Qui a fait quoi ? Pourquoi ? Ce sont ces questions qui ont été au cœur de l’audience de ce vendredi 23 mars. Toutefois, aucune réponse n’a été donnée. En effet, les prévenus et leurs avocats ont demandé un report de l’audience pour mieux préparer leur défense.

Ces individus âgés de 19 à 24 ans ont des profils «atypiques et différents ce que l’on peut être amené à rencontrer devant un tribunal correctionnel. Le gros point d’interrogation dans cette histoire, c’est pourquoi on en arrive là…», a confié Me Stéphanie Boscari, avocate de la défense. La plupart d’entre eux travaillent, d’autres suivent des études supérieures à Toulouse. L’un est même père de deux enfants. Sur le papier – et au vu de leurs casiers judiciaires vierges – ce sont des jeunes hommes a priori sans histoires. Mais cette nuit-là, ils dérapent. Complètement alcoolisés et agités, ils auraient, depuis la place Saint-Pierre, commencé à alpaguer des personnes en les agressant et en leur donnant des gifles. Puis, ils ont violemment pris à partie les adolescents à la Prairie des Filtres. «Le groupe dit les avoir accostés au motif de leur demander une cigarette mais ils leur sont tombés dessus comme la misère sur le monde. C’était gratuit», regrette Me Damien De Laforcade, avocat de la victime âgée de 19 ans, qui a écopé de cinq jours d’ITT suite à trois traumatismes crâniens. «Je ne comprends pas comment on peut avoir un tel déchaînement de violences», a-t-il ajouté. Du côté du Ministère public, «ces faits sont particulièrement désagréables et intolérables», a déclaré la procureure Lisa Bergereau. Pour des «versions divergentes, un risque sérieux de renouvellement des actes et un risque de concertation», elle a requis le maintien en détention des 5 individus jusqu’au renvoi du procès.

«Je reconnais ces actes. Je ne comprends pas, je n’avais jamais fait ça avant…», a timidement expliqué l’un des prévenus en fin d’audience.

Après délibération, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le dossier a été renvoyé au 2 mai prochain et «dans la nécessité de prévenir le renouvellement des faits et d’éviter les éventuelles pressions exercées sur les victimes», a énoncé le président, Jérôme Glavany, ils ont tous été maintenus en détention jusqu’à cette date.

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