Publié le: mar, Mar 20th, 2018

Drogba : «Le PSG a encore des étapes à franchir»

De passage en Colombie au côté de Peace and Sport, Didier Drogba nous a accordé un entretien, où il aborde des thèmes qui lui sont chers, comme la paix, la tolérance, sans oublier l’actualité du football.

La liaison téléphonique entre Paris et Carthagène manque de stabilité. Mais Didier Drogba a tout de même répondu à nos questions depuis la Colombie, où l’Ivoirien se trouve depuis dimanche pour les besoins de l’organisation Peace and Sport. Entre des rendez-vous dans une école locale ou avec le Prince Albert II de Monaco, acteur de ce voyage, l’ancien buteur de Chelsea a évoqué ses actions caritatives, son avenir dans le football ou encore le PSG. Moins l’OM car « tout le monde sait déjà » ce qu’il pense de ce club.

Comment avez-vous été associé aux actions de Peace and Sport ?

DIDIER DROGBA. On me l’a proposé, tout simplement ! L’association rejoint mes valeurs, ce que j’aime voir au quotidien et mon expérience en Côte d’Ivoire, qui m’a amené à intervenir notamment au moment de la crise politique.

A quelles valeurs faites-vous référence ?

La paix, la tolérance, le travail… C’est ce que j’ai tenté de transmettre aux enfants rencontrés ici. Il faut avoir des rêves. Il n’y a que par les valeurs de partage, de respect que l’on peut y arriver.

Vous déjeunez à des belles tables ces derniers temps. L’Elysée avec Emmanuel Macron et George Weah, aujourd’hui avec le prince Albert et le président colombien…

Ils comprennent facilement que le sport est un vecteur de développement dans les continents comme l’Afrique, l’Amérique du Sud. Par le sport, il est possible d’obtenir une certaine éducation, du respect, du partage dans les pays.

Votre ancien coéquipier à Chelsea, Juan Mata, s’implique également dans ce type d’actions.

Et j’en suis très content. Il y a quelques années, j’avais lancé un projet similaire, plus confidentiel. C’est magnifique que cela a été repris, amélioré… Tous mes contrats sponsors vont en direction de ma fondation pour aider les plus nécessiteux. Juan est quelqu’un que je respectais déjà énormément, grâce à son humilité. Il prend encore plus de grandeur.

Vous destinez-vous à un avenir politique ?

Quand vous allez de pays en pays pour promouvoir un message de paix, c’est indirectement de la politique. Pacifique. Le plus important est de tenter d’avoir un impact grâce à ces messages. Ça progresse. Il suffit d’observer les résultats ici en Colombie. C’est une vraie politique de paix. Il faut le voir pour y croire.

Et votre avenir footballistique ?

Il y a déjà une suite à ma carrière de joueur. Je suis déjà copropriétaire d’un club (NDLR : les Phoenix Rising en Arizona, aux Etats-Unis), cela prend du temps. Dès que j’ai arrêté de jouer, je me suis impliqué dans l’organisation. Où je me vois dans dix ans ? Je ne sais pas, sincèrement.

Votre fils a récemment rejoint l’En Avant Guingamp. Quel est l’avenir du jeune Isaac ?

Il fera ce qu’il lui plaît. Il a envie de jouer. Il va profiter de la formation à la française. Si ça se passe bien pour lui, nous serons là pour l’encourager. Nous sommes derrière lui. Qu’il continue à prendre son pied, c’est le plus important.

Le PSG est-il sur la bonne voie pour rejoindre le gotha européen ? Avec Chelsea, vous avez dû attendre plus de huit ans avant de remporter la Ligue des champions…

Oui, il est sur la bonne voie, mais le PSG a encore des étapes à franchir. Nous sommes passés par plusieurs demi-finales, une finale (2008) avant d’y arriver (2012). Cela prend du temps et, on le voit, ce n’est pas forcément la meilleure équipe sur le papier qui remporte ce trophée-là. L’aventure a duré plus de huit ans à Chelsea et, remporter la Ligue des champions, cela a été une satisfaction et, surtout, un soulagement.

La stabilité vous a-t-elle aidé ?

Oui, clairement. C’est une des bases de la réussite. Chelsea, avec le temps, a réalisé un excellent travail.

Neymar parviendra-t-il à s’épanouir à Paris ?

Je le pense. C’est un bon ami. Sa présence apporte énormément au PSG. On a pu le voir. Il a les qualités pour gagner le Ballon d’or à Paris, il a la détermination.

Le football africain semble manquer de forts ambassadeurs comme vous pouviez l’être avec Samuel Eto’o. Partagez-vous ce constat ?

Certains sont bien présents ! Mohamed Salah (attaquant égyptien de Liverpool) est en train de tout fracasser en Angleterre, d’écraser les records. Sadio Mané (Liverpool), Pierre-Emerick Aubameyang (Arsenal)… Ils arrivent à maturité.

L’Afrique peut-elle jouer un rôle important lors de la Coupe du monde ?

On va essayer comme on peut de casser la domination européenne et sud-américaine. On n’aura forcément plus de chances le jour où l’on disposera de plus d’équipes présentes (NDLR : la réforme de la Fifa prévoit de passer de cinq à neuf le nombre de sélections africaines).

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