Publié le: mer, Mar 14th, 2018

Le premier qui déconne, on est tous morts»… Pour le PS, la triche au congrès, c’est terminé

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Un militant souffle : « S’il y a des problèmes de fraude, cette fois, on ne s’en relèvera pas ». Le Parti socialiste s’apprête à élire son nouveau chef. Les adhérents sont appelés aux urnes jeudi pour départager Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Luc Carvounas, et Emmanuel Maurel. Le nom du Premier secrétaire sera connu le 29 mars prochain, à quelques jours du congrès. Une fois encore, le spectre de la triche plane au-dessus des socialistes. Les candidats eux-mêmes ont d’ailleurs mis en garde ces dernières semaines.
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« Les cartes se multiplient comme d’autres multiplient les pains »
« Je tenais à vous faire part de ma très vive inquiétude quant aux conditions d’organisation de ce scrutin », s’alarmait Luc Carvounas fin janvier à la Haute autorité éthique du PS, craignant les « irrégularités » et autres bidouillages des précédents congrès. Olivier Faure tapait encore plus fort : « Il y a malheureusement encore des endroits comme dans les Bouches-du-Rhône où le soupçon peut être nourri par des pratiques d’un autre âge », lançait le patron du groupe PS début mars, dénonçant des sections où « les cartes se multiplient comme d’autres multiplient les pains ».
L’ancien ministre François Rebsamen, soutien de Le Foll, avait bien tenté de rassurer ses camarades : « Il n’y a pas de triche, je crois, au Parti socialiste maintenant […] Oui, il y en a eu, bien sûr. Dans toutes les grandes formations, il y a eu de la triche ».
« Si on refait le coup du congrès de Reims, on peut dire bye-bye au PS »
Pour une fois, tous les violons socialistes s’accordent : le bourrage d’urnes fut aussi indiscutable que deux et deux font quatre. « Il y a eu, il y a quelques années, en 2008 notamment, des irrégularités, mais qui étaient assez bien partagées entre les différents candidats. Ce qui faisait que tout ça s’annulait un peu… », tente l’historien membre du PS Alain Bergounioux. « Dans les organisations politiques, il y a toujours des phénomènes de cette nature ».
« La triche était avérée en 2008. La fédération des Bouches-du-Rhône a eu le malheur d’envoyer ses résultats favorables à Ségolène Royal avant la fédé du Nord, ce qui leur a permis d’ajuster leurs chiffres pour que Martine Aubry repasse en tête », rappelle un permanent de fédération. « Mais je pense que l’on a changé d’époque et qu’on ne peut plus se le permettre. Si on refait le coup du congrès de Reims, on peut dire bye-bye au PS ».
Pour limiter les risques de fraude, les résultats collectés par les fédérations remonteront de manière informatique à Solférino tout au long de la soirée. Des représentants des quatre candidats seront réunis devant un écran dans une « war room » pour contrôler l’ensemble. Même l’entourage de Carvounas calme le jeu : « Il n’y a pas de soupçons de fraude, on demandait essentiellement le vote électronique pour permettre au maximum de monde de venir voter ».
« Le premier qui déconne, on est tous morts »
« Les pratiques ont changé », abonde l’ancien député Philippe Doucet, partisan de Faure. « Il pourrait y avoir à quelques endroits des problèmes pratiques d’organisation car nous sommes affaiblis sur certains territoires et qu’il y a quand même de la paperasse à faire remonter, mais il n’y a plus de logique de triche. Personne n’y a intérêt. Le premier qui déconne, on est tous morts. D’ailleurs, la seule inquiétude, dans les Bouches-du-Rhône, a été réglée en quelques heures ».
Pour éviter les adhérents fantômes, un contrôle plus « strict » a été entériné. Les votants devront avoir versé leur cotisation 2018 par chèque ou carte bleue, personnellement, et s’ils régularisent le jour du vote, ils ne pourront le faire que par chèque.
« Cela permet d’éviter ce qu’on appelle les « militants alimentaires », quand les barons locaux paient à la place des militants n’étant pas à jour de cotisation », assure un mandataire parisien d’Emmanuel Maurel. « Dans certaines sections, on sait qu’il se passe des choses pas vraiment nettes, mais ce n’est pas le cas à Paris. Le PS est aujourd’hui tellement affaibli qu’il y a moins à craindre. On sait bien que le vainqueur ne sera pas dès demain propulsé candidat à la présidentielle… »

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