Publié le: ven, Mar 2nd, 2018

Fashion week de Paris : harmonies mutuelles

De l’art brut, des volumes modernes et un anniversaire éco-responsable : retour sur une journée vibrante.

Une harmonie, voilà ce qu’on a ressenti au défilé de Dries Van Noten. Chez le couturier belge, pas d’effets spéciaux, de dragon en plastique ou de soucoupe volante. Juste la simplicité et l’efficacité d’un podium révélant une garde-robe conçue dans la continuité de son univers.

Evoquant l’art brut, un art développé en marge du système, comme source d’inspiration principale, il a laissé exploser sa passion pour les imprimés et les mélanges de matières, avec l’introduction de pièces et de volumes résolument modernes, comme des parkas oversize, des pantalons à bandes façon jogging, ou des pulls loose.

Ici, pas de conquête hystérique du millenial. La proposition ne prétend pas être autre chose que ce qu’elle est. Méritait-elle un défilé ? Certains s’interrogent. Nous, on a savouré ce beau moment mis en musique sur Child In Time du groupe Deep Purple. De l’harmonie, il y en avait aussi dans la silhouette proposée par Christophe Lemaire et Sarah-Linh Tran, dans la façon que le duo créatif a de juxtaposer les couches de vêtements et de faire se répondre les couleurs : un pantalon jaune citron dope une chemise taupe. L’ensemble est vibrant, émouvant et actuel.

L’homme face aux éléments chez Maison Margiela

Chez Saint Laurent, cette armée de jambes nues toutes de noir vêtues rythmaient une mélodie à l’impeccable symétrie. Un pied dans le passé, un autre dans le futur, Anthony Vaccarello semble parfaitement en phase avec son public d’aujourd’hui, jeune, sexy et guerrier dont la limite serait le ciel, et cette incroyable vue sur la tour Eiffel.

En parfaite adéquation avec les températures, John Galliano chez Maison Margiela poursuit sa réflexion, entamée pendant la couture, autour de l’homme face aux éléments avec des maxi-parkas, des cagoules, des matières techniques protectrices, ou encore ces grosses baskets hybrides de chaussures de ski.

Quant à Lacoste, c’est l’harmonie entre l’homme et la nature que Felipe Oliveira Baptista évoquait ce matin-là à travers le point de départ de cette collection des 85 ans : le souvenir du plan d’arborisation du golf de Chantaco dans le sud-ouest, autour du domaine de la famille Lacoste.

Et en point d’orgue de cet évènement anniversaire, la griffe a pensé dix nouveaux polos où le crocodile laisse la place à dix espèces en voie de disparition (le tigre de Sumatra, le condor de Californie…). La vente de ces pièces permettra de soutenir le programme Save Our Species de l’UICN. Une façon de créer un cercle vertueux.

Grazia

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