Publié le: mer, Déc 27th, 2017

Argentine: la piste de l’assassinat privilégiée dans l’affaire Alberto Nisman

C’est sans doute un tournant en Argentine dans l’affaire Nisman, du nom de ce procureur mort mystérieusement en janvier 2015, après avoir accusé Cristina Kirchner, la présidente de l’époque, de vouloir blanchir les Iraniens suspectés d’avoir commis l’attentat contre la mutuelle juive Amia en 1994. Le juge en charge de l’enquête a décidé de mettre en examen un ancien collaborateur de Nisman pour complicité d’assassinat.

Le juge Santiago Ercolini écarte l’hypothèse du suicide. Pour lui, Alberto Nisman a été assassiné par au moins deux individus, dans le cadre d’un plan visant à faire croire que le procureur s’était donné la mort. D’où l’intérêt que la balle qui l’a tué ait été tirée à partir d’une arme déjà présente à son domicile.

Cette arme, un pistolet Bersa, c’est Diego Lagomarsino qui l’a fournie à Nisman la veille de sa mort. Selon cet informaticien, alors proche collaborateur du procureur, c’est parce que ce dernier se sentait menacé qu’il l’avait supplié de le faire.

Mais le juge n’en croit rien. D’après lui, Lagomarsino faisait partie du plan pour tuer Nisman, et c’est pourquoi l’informaticien a été mis en examen pour complicité d’assassinat. Le magistrat a également inculpé les membres de la sécurité du procureur. Leur attitude, toujours selon le juge, a facilité la tâche des tueurs.

Si assassinat il y a eu, qui en serait le commanditaire ? Le juge Ercolini ne se prononce pas, mais en se fondant sur des déclarations qui ont suivi la mort du procureur, il pointe du doigt l’ancienne présidente Cristina Kirchner.
RFI

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