Publié le: lun, Déc 11th, 2017

L’ex-maire PS de l’Haÿ-les-Roses nie tout favoritisme, à l’entame de son procès

Créteil (AFP) – Patrick Sève, l’ancien maire socialiste de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), a nié lundi tout favoritisme à l’ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Créteil, sans pour autant exclure la main-mise de certaines entreprises locales sur les marchés publics pendant sa mandature.

« Je n’ai jamais poussé à faire travailler telle ou telle entreprise. Après que des choses se soient déroulées, peut-être dans mon dos, c’est possible », a déclaré à l’AFP l’ex-édile (1992-2012) au début de son procès, qui se tient de lundi à vendredi.

M. Sève, 65 ans, qui comparaît également pour détournement de fonds publics, est poursuivi pour favoritisme entre 2008 et 2011. Pendant cette période, l’Haÿ-les-Roses confiait systématiquement ses festivités (voeux du maire, cérémonie des anciens, marché de Noël) aux deux mêmes entreprises, dirigées par un patron proche de Jean Gautheron, l’ex-directeur général des services (DGS).

Collaborateur de longue date de M. Sève, M. Gautheron a reçu 75.000 euros en chèques signés par des proches de ce patron poursuivi pour abus de biens sociaux et corruption active, et bénéficié de plusieurs voyages.

L’ancien maire dit n’avoir rien su de ces échanges de bons procédés dans l’attribution des marchés publics. Six autres entrepreneurs sont jugés lors du procès, soupçonnés d’avoir obtenu des marchés publics à L’Haÿ-les-Roses dans des conditions frauduleuses.

« Je ne siégeais pas à la commission d’appel d’offres, je ne la présidais pas, (…) l’opposition y siégeait et il y avait régulièrement un représentant du Trésor public », a dit M. Sève. « Je ne me suis jamais enrichi personnellement. (…) J’ai arrêté la politique, j’aspire à tourner la page », a-t-il ajouté.

Mis en examen en 2011, l’ancien édile avait dû renoncer à se présenter comme tête de liste aux sénatoriales, puis avait démissionné de la mairie en 2012. L’Haÿ-les-Roses avait ensuite basculé à droite en 2014.

Le nouveau maire Vincent Jeanbrun (LR) a estimé qu' »il [était] important que ceux qui ont abusé du système pendant des années soient enfin sanctionnés ». Selon lui, la ville « était mise en coupe réglée » par des entrepreneurs qui versaient des « pots de vin (…) pour obtenir les marchés ».

Sept ans après les faits, M. Sève assume toujours son « amitié » avec son ancien DGS, à qui il avait payé, après sa mise en examen, une formation de trader à 7.000 euros, sur les fonds de la commune. Un acte qui lui vaut d’être poursuivi pour détournement de fonds publics. Cette formation n’était selon lui « pas incompatible » avec la suspension du DGS, d’après les conseils pris par ses services à l’époque.

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