Publié le: mer, Déc 6th, 2017

La figuration libre fait son retour

« Trente pour cent provocation anticulture, 30 % figuration libre, 30 % art brut, 10 % folie. Le tout donne quelque chose de nouveau. » L’artiste Ben décrivait en ces termes l’entrée en scène de ses cadets ­Robert Combas et Hervé Di Rosa en 1981. Ces trublions, dont l’imagerie s’inspire du mouvement ­Cobra, de la bande dessinée, de la culture rock, du punk et des graffitis, sont à l’honneur du 10 décembre au 2 avril 2018 au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture, à Landerneau (Finistère).
Effusions colorées et joyeuses Dans les années 1980, Combas était une superstar. Ses prix n’étaient alors pas si éloignés de ceux de l’Américain Jean-Michel Basquiat. « Un Combas valait vers 1987 autour de 150 000-200 000 francs. Basquiat valait autour de 200 000 francs, mais les Français le trouvaient cher ! », se souvient Martin Guesnet, responsable du département art contemporain ­d’Artcurial. Ses effusions colorées et joyeuses aiguisaient l’appétit des spéculateurs. Exemple type avec La Fiancée de Belmondo. Cette très grande toile de Combas s’adjuge 13 720 euros en octobre 1989 et sera revendue à plus de 68 000 euros en avril 1990.
Di Rosa veut permettre à tout un chacun d’avoir un petit morceau d’art Sans atteindre de tels sommets, l’œuvre volubile d’Hervé Di Rosa ne laissait pas non plus indifférent. Dans ses tableaux énergiques et tourbillonnants, il offre une iconographie compréhensible par tous. Dans la boutique qu’il tiendra avec son frère Richard de 1987 à 1994, Di Rosa veut permettre à tout un chacun d’avoir un petit morceau d’art, que ce soit sur des tee-shirts ou dans des lithographies. Cet œcuménisme, qui lui vaudra un ­succès populaire dès l’âge de 22 ans, ne ­résiste pas à la crise ni à l’arrivée d’une nouvelle génération de plasticiens et de curateurs dans les années 1990. Le monde de l’art se drape dans le conceptuel. La peinture est décrétée morte.
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