Publié le: mar, Nov 14th, 2017

Politique de la ville : que retenir du discours d’Emmanuel Macron

Reconnaissant les lacunes de la République dans les quartiers, Emmanuel Macron veut un retour des services publics, des crèches, ou encore une police de sécurité quotidienne.

Depuis l’annonce, en juillet, des coupes dans le budget de la politique de la ville pour 2017, associations et élus locaux manifestent leur colère face à la baisse de l’APL (aides personnalisées au logement) ou encore le gel des emplois aidés. Emmanuel Macron, qui espère casser son image de président des «riches», a dévoilé son plan en faveur des habitants des quartiers populaires, ce mardi.

Dans son discours à Tourcoing (Nord), le président de la République a appelé à une «mobilisation nationale pour les villes et pour les quartiers» en promettant «un plan de bataille clair» en assurant que «personne» ne perdra «le moindre crédit» en 2018.

«Une mobilisation de toute la nation»

«C’est une mobilisation de toute la nation qui seule peut répondre au défi immense de la politique de la ville», a affirmé le chef de l’Etat.

«Cette mobilisation nationale pour les villes et pour les quartiers, elle doit être celle du gouvernement, des collectivités territoriales, des associations, des entreprises, des intellectuels», a-t-il ajouté en rappelant que 5,5 millions de personnes sont reparties dans 1 514 quartiers les plus pauvres où le chômage est trois fois plus élevé que la moyenne nationale.

«Il y a des territoires de la République où l’on a concentré toutes les difficultés», reconnait-il. Malgré un contexte budgétaire tendu, Emmanuel Macron, pour répondre à la critique, a assuré que «personne ne perdra, dans les communes concernées par la politique de la ville, le moindre crédit en 2018».

En d’autres termes, tous les engagements seront maintenus et «les quelques collectivités qui auraient pu perdre au changement de périmètre en cours seront compensées.» Dans le même temps, Emmanuel Macron veut un engagement clair des collectivités qui via un contrat avec l’Etat vont devoir s’engager à mettre en œuvre la politique de la ville.

«La radicalisation parce que la République a démissionné»

Selon le constat d’Emmanuel Macron, la République a sa part de responsabilité en abandonnant en partie de ses obligations dans les quartiers. «Je ne confondrai jamais les quelques milliers de radicalisés et les millions d’habitants des quartiers populaires», a-t-il déclaré.

Mais «dans nombre de ces territoires en difficulté, la radicalisation a touché plusieurs milliers de nos jeunes ou de nos moins jeunes. Et elle doit nous conduire aussi à nous remettre en question, de manière indispensable», a-t-il ajouté. Et de poursuivre : «Cette radicalisation, elle s’est installée parce que la République a démissionné. Et que nous avons laissé dans de trop nombreuses communes, de trop nombreux quartiers, des représentants d’une religion transfigurée, déformée, qui portent la haine et le repli, apporter des solutions que la République n’apportait plus», a souligné Emmanuel Macron. «Je ne peux pas demander à un jeune de croire en la République lorsqu’elle n’est pas à la hauteur. Mais c’est de ne céder aucun pouce du territoire républicain à ceux qui proposent de sortir de la République», a prôné le chef de l’Etat.

 

Début 2018, «une quinzaine de plans de lutte contre la radicalisation et d’activation d’une politique de déradicalisation seront présentés par le ministre de l’Intérieur et l’ensemble des ministres compétents, négociés avec les élus, avec des moyens supplémentaires, des fermetures de structures et une action résolue sur le terrain», a-t-il dit.

«Que ceux qui défendent les contrats aidés les prennent !»

Emmanuel Macron a rappelé plusieurs promesses de campagne. L’État va s’engager à faire revenir des services publics comme La Poste ou des maisons de santé.

Côté sécurité, le chef de l’État veut mettre en œuvre une police de sécurité quotidienne. Une partie des 10 000 policiers et des gendarmes seront affectés dans les quartiers difficiles.

Pour les parents isolés, Emmanuel Macron a promis une hausse de 30 % de l’allocation parent isolé pour permettre de garder des enfants.

Emmanuel Macron s’est aussi emporté contre les auteurs des critiques sur la suppression massive du nombre de contrats aidés, lançant : «Que ceux qui les défendent les prennent ! Ils n’en voudraient pas pour eux-mêmes ! », a lancé le chef de l’Etat.

Toutefois, le président de la République a assuré que ces contrats aidés seront déployés dans ces quartiers notamment pour les associations.

Si le président de la République n’est pas revenu en détail sur l’expérimentation de contrats francs pour les entreprises qui recrutent des jeunes de ces quartiers, Emmanuel Macron va demander à l’inspection du travail de sévir.

Les noms des entreprises qui feraient de la discrimination pourront être publiés.

Des amendes pour les trafics de drogue

Aujourd’hui, la réponse aux trafics de drogue est pénale. Dans 80 % des cas, selon lui, l’affaire est conclue par un rappel à la loi ou classée sans suite. L’idée d’Emmanuel Macron est de sanctionner les trafiquants directement au porte-monnaie avec une amende immédiate. En outre, l’idée est pouvoir éloigner un individu qui créé un trouble dans un quartier.

Un conseil présidentiel de la politique de la ville

Le chef de l’État a annoncé la mise en place d’un conseil présidentiel de la politique de la ville. Ce conseil se réunira, à l’Élysée, tous les trois mois et formulera un « plan en février ». Un point d’étape serait fait dans deux ans.

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