Publié le: lun, Nov 13th, 2017

Alain Juppé réfute songer à une coalition avec Macron pour mai 2019

Alain Juppé a nié dimanche souhaiter la constitution d’une liste commune avec La République en Marche aux élections européennes de mai 2019, soulignant qu’on n’en était « pas là » quelles que soient ses marques de sympathie envers Emmanuel Macron.

Le maire (Les Républicains) de Bordeaux a adressé vendredi un satisfecit au chef de l’Etat, lors d’une rencontre avec la presse diplomatique, louant notamment son discours sur l’Europe du 26 septembre, auquel il aurait « peu de choses à changer ». L’ancien Premier ministre aurait confié à cette occasion à Sud Ouest son souhait de voir se constituer un « grand mouvement central » pour les élections européennes. « La question est de savoir qui en prendra le leadership. Mais si Macron reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d’incompatibilité », aurait-il dit selon le quotidien régional. Des propos relayés dimanche par Le Figaro, notamment.

« Liste commune avec E.Macron aux européennes ? On n’en est pas là, quoi que me prête Le Figaro. Fausse nouvelle, une fois de plus ! », a écrit Alain Juppé dimanche après-midi sur son compte Twitter, une réponse qui toutefois ne ferme pas la porte à une telle perspective. Les « Constructifs » pro-Macron ont salué l’idée d’une coalition pour le scrutin européen par la voix du député Thierry Solère, président du groupe des « Constructifs » à l’Assemblée nationale.

« Nous travaillons aujourd’hui activement à la création d’une formation politique qui pourrait rassembler tous les Européens qui se revendiquent de droite. Bien sûr nous en discutons avec Alain Juppé », a-t-il déclaré dimanche sur BFM TV. « Il y a à fabriquer une offre politique de droite pro-européenne », a-t-il ajouté.

Pour Laurent Wauquiez, qu’Alain Juppé a étrillé vendredi en fustigeant notamment son « discours anti-élites », « cette proposition est une erreur parce que nous ne partageons pas la même vision de l’Europe qu’Emmanuel Macron. »

« La bataille de la crédibilité »

« Emmanuel Macron propose que l’Europe s’élargisse aux pays des Balkans. Je pense que c’est une profonde erreur parce que l’élargissement a tué l’Europe. Il y a trop de pays au sein de l’Union européenne, un élargissement supplémentaire serait fatal », a-t-il dit dimanche sur France 3. « Je veux convaincre toute ma famille politique qu’il y a une autre vision de l’Europe qu’on peut poser face à Emmanuel Macron », a-t-il ajouté, se posant de nouveau comme l’homme du « rassemblement » à un mois de l’élection à la présidence des Républicains. « Mon souhait, c’est qu’évidemment Alain Juppé soit avec nous parce que c’est une référence chez nous. »

La présidente LR d’Ile-de-France Valérie Pécresse, qui a soutenu Alain Juppé lors de la primaire d’investiture présidentielle à droite, a exprimé elle aussi ses réserves sur les intentions prêtées au maire de Bordeaux. « Des pro-Européens, il y en a toujours eu à gauche et à droite. François Mitterrand était pro-Européen, je n’ai jamais voté pour une liste socialiste » aux européennes, a-t-elle dit au « Grand Rendez-vous » CNews-Europe 1-Les Echos.

« Pour moi, Emmanuel Macron n’est pas un objet politique identifié, c’est un descendant de Dominique Strauss-Kahn en ligne directe, c’est un blairiste, un social-libéral européen », a-t-elle ajouté. La fondatrice du mouvement « Libres » n’en a pas moins appelé Laurent Wauquiez, favori pour la présidence de LR et héraut de l’aile droitière du parti, à ne pas « rétrécir » la droite. « Notre droite a toujours rassemblé des éléments conservateurs, gaullistes, libéraux, centristes de droite… », a-t-elle plaidé. « Une droite qui se rétrécit perdra la bataille de la crédibilité, elle perdra aussi les élections, alors qu’une droite qui s’élargit peut prétendre à gouverner le pays ».

C’est « la bataille de la crédibilité » qu’il faut gagner, non « la bataille des décibels », a-t-elle lancé à l’intention de Laurent Wauquiez.

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