Publié le: lun, Nov 13th, 2017

Carburants : le biodiesel argentin menace des milliers d’emplois en France

Les arrivages massifs de biodiesel argentin en Europe grâce à une décision de l’Organisation mondiale du commerce pourrait mettre en péril des milliers d’emplois en France.

A partir du mois de février, plusieurs usines de biodiesel en France pourraient être obligées de réduire fortement leur production voire leur nombre de salariés. En cause, la levée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en septembre, des barrières douanières sur le biodiesel argentin.

Dès le feu vert donné, pour le seul mois d’octobre 2017, les volumes de biodiesel argentin débarqués en Europe ont été de 240 000 t, ce qui correspond à 10 % du marché français ou encore à l’équivalent de la production annuelle d’une usine en France.

Cinq usines françaises touchées

En France, Saipol, filiale du groupe coopératif fondé en 1983 pour développer les productions de plantes riches en huiles (colza, tournesol, soja…), vient de présenter en Comité central d’entreprise un projet de recours à de l’activité partielle à partir de février 2018.

Cela touchera ses cinq usines de production de biodiesel à Grand-Couronne (Seine-Maritime), Bassens (Gironde), Le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et Sète (Hérault).

Selon Saipol, le biodiesel argentin est désormais vendu sur le marché européen à un prix nettement inférieur au prix de l’huile végétale de soja utilisée pour le produire en France et à un prix équivalent voire légèrement inférieur au prix de l’huile brute de colza.

Un recours de producteurs européens

« En l’absence de contre-mesure efficace, la filière française ne sera pas à même de faire face à cette concurrence déloyale, d’autant plus que les droits antidumping de l’UE sur le biodiesel indonésien (huile de palme) pourraient, eux aussi, être réduits en levant tout obstacle à l’importation massive de biodiesel en provenance d’Indonésie », alerte Saipol.

A plus long terme, la Commission européenne envisage aussi de réduire de moitié entre 2 020 et 2 030 la part des biocarburants dans les transports.

Un coup dur pour cette filière qui emploie 20 000 personnes en France et qui a été soutenue par les pouvoirs publics depuis 2004. Les producteurs de carburants ont été obligés d’incorporer des huiles de colza ou du soja dans le gazole sous peine d’être taxés.

Face à cette menace, les producteurs européens viennent de déposer, début novembre, un recours auprès de la Commission européenne pour dénoncer les « subventions déloyales » accordées aux producteurs argentins par l’Argentine. La Commission européenne a 45 jours pour indiquer si une enquête est ouverte sur le sujet.

Source le Parisien

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