Publié le: jeu, Nov 9th, 2017

Les vacanciers privés d’escale se révoltent sur leur bateau de croisière

Des croisiéristes dans l’océan Indien se sont rebellés après la suppression d’escales. Certains ont été débarqués de force.

Ce devait être une croisière de rêve dans l’océan Indien, c’est devenu une galère en haute mer. En embarquant à Port-Réunion le 26 octobre dernier à bord du paquebot « Costa Neo Rivieria » pour une virée dans les îles Vanille (Seychelles, Madagascar, Maurice, Réunion), Alain Jan pensait passer un agréable séjour avec son épouse. Mais très vite, le restaurateur de 53 ans a déchanté. « Le deuxième jour, on nous annonce qu’une des trois escales prévues à Madagascar est supprimée en raison de l’épidémie de peste », explique-t-il.

 

« On a dit OK si c’est pour raisons sanitaires, d’autant qu’il restait deux autres excursions à Nosy Be et Diego Suarez », raconte Alain. Mais le lendemain, les passagers apprennent que les deux autres escales malgaches sont annulées. En dédommagement, la compagnie leur offre un bon de 150 euros, à dépenser sur le bateau. « Là, ça a commencé à chauffer. 150 euros alors qu’un gros bout du voyage est annulé et que le verre d’eau est facturé cinq euros, ils se moquent du monde ! » peste le commerçant, qui prend la tête d’un petit groupe pour obtenir des explications.

Tensions à bord

Sans réponse, ils commencent à faire tourner une pétition. « Le soir, on a organisé une manifestation dans le restaurant. On était une soixantaine à taper des mains pour alerter les autres croisiéristes de cette arnaque. Nous, les 400 Réunionnais à bord, étions d’autant plus lésés que le séjour était raccourci de deux jours ! »

Le commandant oppose une fin de non-recevoir. Le 4 novembre, alors que l’ambiance à bord est électrique, Alain réunit des mécontents dans la salle de théâtre du paquebot qui croise près des Seychelles. Excédé, le commandant fait appel à la police seychelloise. « Le chef de la police a écouté nos deux versions, et j’ai demandé à voir l’ambassadeur de France », continue le Réunionnais. « Alors le policier a demandé au commandant s’il voulait faire débarquer quelqu’un et celui-ci m’a désigné. »

Une éviction qu’Alain, avec le recul, apprécie : « On a passé deux nuits dans un hôtel aux Seychelles avec mon épouse, puis nous avons été rapatriés par avion aux frais de Costa. C’est comme si on m’avait libéré d’une prison flottante ! »

Les passagers dénoncent une arnaque

Mais Alain n’oublie pas ses compagnons d’infortune, qu’il est allé accueillir à l’escale réunionnaise lundi. « On était 1 200 à bord, de toutes nationalités. Des Chinois avaient payé 10 000 euros par personne pour cette croisière. J’ai été surpris par la mobilisation de tous. » A quai, les autres passagers disent avoir été « traités comme du bétail », dénoncent « une arnaque, un scandale ». Ce qui passe mal, c’est que l’épidémie de peste à Madagascar est connue depuis des mois dans la région, et les croisiéristes reprochent à Costa d’avoir volontairement caché une modification de la prestation qui était largement prévisible.

Ce que Costa conteste. « La compagnie a fait tous les efforts pour maintenir les escales à Madagascar, en examinant toutes les alternatives possibles », indique un communiqué. Costa précise que ces changements ont été provoqués par les autorités sanitaires de Maurice, qui ont exprimé de sérieuses préoccupations concernant la situation à Madagascar et le risque lié à la propagation de l’épidémie à Maurice.

 

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