Publié le: jeu, Nov 9th, 2017

Assises : 11 ans de réclusion pour le violeur du campus

«De toutes jeunes femmes réduites au rang d’objet sexuel, à moins que rien». Mes Boissel et El Bouroumi, les avocates de deux victimes de Nino Calas, 25 ans, jugé depuis lundi par la cour d’assises de la Haute-Garonne, pour viols (notre édition d’hier) avec actes de torture et de barbarie, ont plaidé avec émotion et dignité, hier matin, au dernier jour du procès. Au nom de leurs clientes, tout juste majeures au moment de leurs agressions, elles ont demandé aux jurés une peine à la hauteur des souffrances subies.

À l’heure de requérir, l’avocat général, David Sénat, a décrit Nino Calas comme un «infracteur sexuel d’habitude dans la dénégation». Pour lui, «c’est l’histoire d’un homme jeune, séduisant, sportif, énigmatique et de deux jeunes femmes de leur temps qui ont fait une mauvaise rencontre, celle de Nino Calas. L’accusé conteste toute responsabilité. Il a dit tout à l’heure qu’il souhaitait améliorer sa sexualité, la maîtriser, c’est le point ultime de ce qu’il est prêt à assumer». Et de demander 13 ans de réclusion criminelle assortis de 5 ans de suivi sociojudiciaire et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

Lourde tâche après ces réquisitions pour Me Alexandre Martin, chargé de défendre les intérêts d’un accusé dans le déni total. «Cet homme a une sexualité hors norme qu’il n’arrive pas à juguler, a insisté Me Martin. Il a une façon particulière d’apprécier les choses.»

«Exigence de preuves»

Dans ce dossier, la défense a souligné l’importance de «l’exigence de preuves dans une société de justice» puisque l’une des victimes a déposé plainte longtemps après les faits, sans qu’aucune constatation médicale n’ait été réalisée et que l’autre victime a accepté six rapports sexuels et décrit le dernier comme un viol. Et l’avocat de plaider «un acquittement intelligent» dans des affaires où le curseur est difficile à placer et où le contexte doit être scrupuleusement analysé.

Il a été entendu. Au terme de plus de 3 heures de délibéré, la cour d’assises de la Haute-Garonne a finalement condamné Nino Calas à 11 années de réclusion criminelle. Il a été acquitté pour les actes de torture et de barbarie. «C’est une décision mesurée dans l’hypothèse d’une culpabilité», a commenté son avocat qui réfléchit à faire appel.

Cet homme de 25 ans aujourd’hui, avait déjà fait les gros titres à l’été 2012. Au terme d’une enquête de la brigade criminelle de la sûreté départementale, il avait été interpellé puis jugé pour trois agressions commises sur des étudiantes, à l’aide d’une arme, sur le campus Paul-Sabatier à Toulouse.

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