Publié le: mar, Oct 24th, 2017

Déchets nucléaires : la poudrière du site de Bure

Le combat entre pro et anti-site d’enfouissement des déchets nucléaires continue au tribunal ce mardi.

Des dizaines de personnes qui occupent une forêt, y construisent des cabanes et bloquent des travaux. Des manifestations régulières dans un climat tendu avec les forces de l’ordre… Il flotte à Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne, comme un air de Notre-Dame-des-Landes. Mais là où les zadistes dénoncent la construction d’un aéroport au cœur du bocage nantais, c’est contre l’enfouissement de déchets radioactifs dans le sous-sol, prévu d’ici à 2030 que se battent dans le Grand-Est les opposants au projet Cigéo.

 

D’un côté, des riverains et des militants antinucléaires qui ne veulent pas de «poubelle atomique». De l’autre, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui évoque un chantier «d’intérêt national» (lire encadré). Entre les deux, c’est un dialogue de sourds. Qui se règle parfois au tribunal, comme ce mardi où est attendu le délibéré du procès d’un agriculteur.

 

Il avait prêté au cours de l’été 2016 son tracteur et sa bétaillère à des militants antinucléaires lors de l’occupation du bois Lejuc. Propriété de l’Andra, cette parcelle est devenue l’épicentre de leur combat. Gaspard d’Allens et Andra Fuori, qui ont vécu quelques mois sur place, et ne se cachent pas d’être des opposants à Cigéo, jettent un pavé dans la mare dans un livre à paraître jeudi («Bure, la bataille du nucléaire» Ed. Seuil Reporterre) qui explique pourquoi Bure a été choisi pour accueillir un sarcophage nucléaire.

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Un projet «d’intérêt national»

Avec 58 réacteurs en fonction, la France doit gérer l’un des plus gros stocks de déchets radioactifs de la planète : 85 000 m 3 de résidus hautement contaminés. Toxiques plus de 100 000 ans, ils devraient être stockés à partir de 2030 à Bure si le gendarme du nucléaire autorise l’ouverture du site. Les colis de déchets, vitrifiés, stockés dans des fûts ou des conteneurs en acier, seront entreposés à 500 m sous terre dans une épaisse couche d’argile censée «confiner» la radioactivité. «Il nous faut déposer une demande d’autorisation de création d’une installation nucléaire d’ici à 2019, explique Frédéric Launeau, le directeur de Cigéo. Mais ce projet a été gravé dans la loi. Il est considéré d’intérêt national, la Meuse et la Haute-Marne se sont portées candidates pour l’accueillir, et il a le soutien des élus locaux de tout bord.»

 

 

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