Publié le: ven, Oct 20th, 2017

Mort du cycliste Mathieu Riebel, 20 ans : «Il faisait partie de ma vie», dit son entraîneur

Théo Bartuccio, le directeur sportif du VCA Le Bourget (Seine-Saint-Denis), est « effondré » après le décès de son jeune coureur lors du Tour de Nouvelle-Calédonie.

 

Le cyclisme francilien est en deuil. Le grand espoir Mathieu Riebel (20 ans) est décédé en course lors de la 9e étape du Tour de Nouvelle-Calédonie. Le coureur du VCA Le Bourget (Seine-Saint-Denis), qui disputait cette épreuve pour une équipe locale, a été heurté par une ambulance arrivant en sens inverse. Mathieu Riebel était étudiant en Staps à la fac d’Evry et vivait à Vigneux (Essonne). Son directeur sportif au VCA Le Bourget, Théo Bartuccio est « effondré ».

Comment réagissez-vous au décès de votre jeune coureur ? THEO BARTUCCIO. Quand sa maman m’a téléphoné à 6 heures ce matin (vendredi), j’ai tout de suite compris. J’ai pris un gros coup de massue. J’ai toujours été très proche de mes coureurs. Mais avec Mathieu, notre lien était encore plus fort. La veille de chaque course, Mathieu venait dormir chez moi. Mes filles le connaissaient, s’amusaient avec lui. Il faisait partie de ma vie. C’est comme si j’avais perdu un membre de ma famille. C’est un gros choc. Je n’arrête pas de pleurer. C’est injuste.

Comment était Mathieu dans la vie et sur le vélo ? C’était un gamin adorable et attachant. Il ne disait jamais un mot de travers. C’était extraordinaire de le faire progresser car il avait soif d’apprendre. Il était vraiment passionné par son sport. C’était aussi un gros talent. Son rêve était de passer professionnel. Je suis sûr qu’il serait allé loin. C’était un finisseur. Moi, je l’avais repéré alors qu’il courait chez les juniors à Montgeron-Vigneux lors d’une épreuve sur piste. Il avait été impressionnant. Pour sa première course en Elite avec nous, il avait failli battre Samuel Plouhinec (NDLR : l’ancien champion de France amateurs, 400 victoires). Ses deux ans avec nous lui ont permis de découvrir le haut-niveau. Pour 2018, il avait signé au Guidon Châlettois pour passer un cap.

En juin dernier, vous avez lancé le mouvement «Un vélo pour la Vie» pour réagir aux décès de nombreux cyclistes à l’entraînement… Mathieu est décédé en course, ce n’est pas le même contexte. Mais je pars du principe qu’un cycliste qui meurt, c’est inadmissible. Au moment où je vous parle, j’ai beaucoup de tristesse et j’ai besoin de pleurer pour évacuer. Un ami est venu me soutenir. Mais je me connais. Cette tristesse va se transformer en haine. Car je suis très énervé. Quand je vais me relever de ce choc, certains vont dérouiller. La mort de Mathieu va décupler mes forces. J’ai une mission : mettre la communauté cycliste en sécurité. J’irai jusqu’au bout. Avec Mathieu on avait parlé de mon Association. Mais à 20 ans, on se croit immortel. Cette nouvelle tragédie qui arrive après de nombreux drames montre malheureusement qu’il faut rester vigilant, en toute circonstance.

A propos de l'Auteur

-