Publié le: ven, Oct 13th, 2017

Toulouse: Un petit job à la journée pour remettre le pied à l’étrier des jeunes sans-abri

Le projet expérimental Tapaj (Travail alternatif payé à la journée) existe déjà à Bordeaux ou encore à Dijon

Les jeunes en errance pourront participer à des missions de 4 h, notamment des travaux de nettoyage de bâtiments qui ne nécessite pas de qualification.

Ces salariés d’un jour auront un contrat, un bulletin de salaire et seront payés à la fin de la journée.

Comme pour n’importe quel emploi, ils auront un bulletin de salaire. Mais contrairement aux autres, ils n’auront pas à fournir à l’employeur un justificatif de domicile, un frein pour tous ces jeunes qui n’en ont pas.

Et c’est bien l’une des forces du dispositif Tapaj, pour Travail alternatif payé à la journée, qui existe depuis plusieurs années à Bordeaux ou Dijon. Destiné aux jeunes de 18 à 25 ans sans-abri, il sera expérimenté à partir du mois de novembre à Toulouse.

Recréer du lien

Lors du conseil municipal de jeudi, la Ville a signé un partenariat avec l’association régionale Clémence-Isaure, spécialisée dans la prévention des addictions et la lutte contre les exclusions qui sera chargée de sa mise en place.

« Des missions courtes vont leur être confiées par exemple pour rénover ou nettoyer des bâtiments de la mairie. Ils auront des contrats à la journée, cela permet qu’ils aient un lien avec le monde professionnel, qu’ils gagnent un peu leur vie », souligne Daniel Rougé, l’adjoint au maire à la coordination des politiques de solidarité. Des travaux qui ne nécessitent aucune qualification et seront payés 10 euros net de l’heure versés à la fin de la journée.

Ce sont les éducateurs de rue de Clémence-Isaure et les membres de l’équipe municipale AMI (Action Médiation Insertion) qui sont en contact quotidiennement avec ces jeunes, qui seront chargés de « recruter » les volontaires. Les chantiers dureront quatre heures et seront réalisés par des équipes de 7 jeunes encadrés par un membre de l’association.

Ce ne sont pas les premiers chantiers menés dans le cadre du dispositif Tapaj. En mai, des jeunes encadrés par l’association Clémence-Isaure avaient déjà participé au nettoyage de parkings Indigo du centre-ville.

« C’est un moyen de rencontrer ces jeunes avec une proposition, de renouer car certains sont souvent très éloignés des dispositifs existants, des institutions vis-à-vis desquelles ils sont parfois méfiants. L’objectif n’est pas le travail, c’est un levier pour parler de santé, de logement et de réductions des risques », assure David Mourgues, chargé de Tapaj au sein de l’association. Pour débuter, six chantiers seront organisés avec la mairie d’ici à la fin de l’année.

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