Publié le: jeu, Oct 12th, 2017

Hulot étudie bien une «taxe» sur la bétonnisation

Face à l’emballement qui a suivi l’annonce, mercredi dans nos colonnes, de l’éventualité de taxer les bétonneurs, le ministre de l’Ecologie a choisi d’édulcorer ses propos.

Surtout ne pas utiliser le mot « taxe ». Nicolas Hulot a tout fait ce jeudi pour l’éviter lorsqu’on lui demandait s’il envisageait bien d’en passer par la voie fiscale pour « freiner » l’artificialisation des sols. C’est pourtant bien à une taxe que le ministre de l’Ecologie pense depuis le début. Dès le 11 septembre, il confiait à nos lecteurs lors d’une grande interview dans nos locaux qu’il était « en train de faire étudier une taxe sur l’artificialisation des sols » (voir vidéo ci-dessous).

 

Lundi, il expliquait de nouveau à « la Gazette des communes » son idée d’une « nouvelle source de financement » pour préserver la biodiversité. Contacté le même jour, le cabinet du ministre nous a bien confirmé que le ministre de l’Ecologie avait soumis à Matignon cette réflexion et que le Premier ministre lui avait demandé de travailler sur cette question. Mais face à l’emballement qui a suivi l’annonce, mercredi dans nos colonnes, de l’éventualité de taxer les bétonneurs, le ministre de l’Ecologie a choisi d’édulcorer ses propos. Il ne parle plus de taxe, mais désormais « d’instrument », de « dispositif », de « stratégie ». « On peut penser à de l’incitatif ou à du dissuasif », expliquait ce jeudi matin Nicolas Hulot sur France Inter. Mais la finalité est la même : lutter contre l’artificialisation des sols qui est, selon lui, « un fléau », une « plaie ».

Les aménageurs et promoteurs ont dénoncé haut et fort cette idée d’une « taxe béton ». La fédération des promoteurs immobiliers estime que c’est « une mauvaise réponse à un vrai sujet » et l’Union nationale des aménageurs estime que c’est « un énième nouveau coup porté à l’aménagement ». Pour éteindre l’incendie, le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a annoncé que le gouvernement prendrait « le temps de la réflexion » sur les moyens de lutter contre l’artificialisation des sols mais qu’aucun dispositif, tel qu’une « taxe béton », ne serait instauré l’an prochain.

 

Selon des statistiques publiées sur le site du ministère de la Transition écologique, les zones artificialisées (bâtiments, routes, parkings, voies ferrées…) occupaient en 2015 plus de 51 000 km2, soit 9,4 % de l’Hexagone. Cette bétonnisation, qui concerne essentiellement des terres agricoles et des milieux forestiers, a augmenté de près de 6 000 km2 entre 2006 et 2015. Et dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron évoquait bien lui aussi « l’objectif de mettre un terme à l’artificialisation des terres ».

 

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