Publié le: mar, Oct 3rd, 2017

Tuerie de Marseille : Mauranne, 20 ans, douée et généreuse

Une cérémonie d’hommage s’est tenue lundi dans le village d’Eguilles d’où était originaire, Mauranne, 20 ans, tuée avec sa cousine, Laura, 21 ans, dimanche à la gare Saint-Charles à Marseille.

Le village d’Éguilles, dans l’arrière-pays aixois, s’est réveillé dans la douleur hier. « C’est un choc, un traumatisme », ressasse Robert Dagorne, le maire de ce bourg de 8 000 habitants. Mauranne Harel, l’une des victimes du tueur au couteau de la gare Saint-Charles, était une enfant du pays. La jeune fille a succombé aux coups du terroriste tout comme sa cousine adorée, Laura Paumier, venue lui rendre visite pour le week-end.

 

« Cela fait partie de mes missions d’annoncer les décès. En vingt-huit ans de carrière, j’ai malheureusement dû remplir cette lourde tâche à de nombreuses reprises. Mais je dois avouer que cette annonce-là était très particulière… » souffle le major Stéphane Vanhaesebroucke de la compagnie de gendarmerie d’Eguilles. C’est lui qui, dimanche soir, a dû trouver les mots pour révéler le pire à la famille de Mauranne. « J’ai rendu visite à sa mère ce matin (NDLR : hier), ajoute Robert Dagorne. C’est impossible de décrire la détresse dans laquelle elle se trouve. L’assassin n’a pas seulement ôté deux vies, il a aussi brisé deux familles. »

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Décrite comme enjouée, Mauranne a grandi avec ses trois soeurs à Eguilles. Scolarisée dans le village, elle avait fréquenté le centre aéré, avant d’en devenir animatrice. Elle avait aussi suivi des cours de théâtre. Après, Aix-en-Provence, puis le lycée Georges-Duby de Luynes. Ses bulletins, ressortis par le secrétariat du proviseur, témoignent d’une élève brillante. Elle avait intégré avec succès la fac de médecine de la Timone à Marseille, une fois son bac S en poche en 2015. « Elle était vraiment très forte, primante, c’est-à-dire qu’elle avait réussi son concours du premier coup, ce qui est assez rare, se souvient Justine, l’une de ses 367 camarades de promotion. Elle avait l’image de quelqu’un de très discret et de sérieux. »

 

A seulement 20 ans, l’étudiante allait entamer sa troisième année d’étude après une deuxième année bouclée avec une moyenne de 15/20. Elle aurait dû déposer lundi ses voeux pour son stage. « Il y a un grand émoi de la part des étudiants. C’est terrible ce qui arrive, confie Yvon Berland, le président de l’université d’Aix-Marseille. Au-delà de l’enquête, ce qui nous importe, c’est de témoigner à la famille, aux proches de cette étudiante, notre soutien et notre affection. »

La faculté de médecine endeuillée

Auprès de ses pairs, Mauranne s’était distinguée par sa générosité. « C’était une fille calme, réservée, mais qui s’était beaucoup investie dans la vie associative. Elle était très sérieuse, insiste Anthony Mezouar, président de l’Association des étudiants en médecine. En mars, elle avait participé à l’Hôpital des nounours à destination des enfants hospitalisés et au Téléthon. »

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Les drapeaux de la faculté de médecine ont été mis en berne, tout comme ceux d’Eguilles, où une cérémonie d’hommage s’est tenue hier soir en présence de la famille de Mauranne et de son petit ami. Après un discours habité du maire — « Cette guerre ne fait que commencer, elle va être effroyable » –, la foule se dissipe pour signer un registre de condoléances. Sur le parvis restent des groupes de jeunes qui s’étreignent. Tristesse infinie.

 

 

 

 


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