Publié le: ven, Sep 22nd, 2017

Montauban: Deux ans ferme requis contre un sénateur dans une affaire de corruption

40.000 euros contre la promesse de trouver un emploi pour un neveu. Voilà le présumé « deal », non honoré, qui a valu à Yvon Collin, sénateur du Tarn-et-Garonne, de comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « trafic d’influence passif ».

Une lettre et un signalement

Cette affaire politique sensible, délocalisée à Lyon pour plus de sérénité, a commencé en novembre 2012 quand un Tarn-et-Garonnais, Jean-Pierre Gonzatti, a adressé à plusieurs personnalités du département une lettre où il racontait ses démêlées avec l’élu qui fréquente la même loge maçonnique que lui.

Il y affirmait avoir remis à Yvon Collin les fameux 40.000 euros pour financer une campagne électorale sans que son jeune neveu n’obtienne jamais l’emploi monnayé. L’un des destinataires de la lettre avait fait un signalement à la justice qui marqué le début des ennuis du parlementaire.

Yvon Collin crie au complot politique

Jeudi à la barre, l’élu s’est montré mal à l’aise. Il a qualifié son accusateur de « mythomane, un peu perturbé ». Surtout, il a plaidé le complot politique. Car Yvon Collin est aussi centre d’un mélodrame politique dont le Sud-Ouest a le secret. Cet ex-radical est en effet plus qu’en froid avec Jean-Michel Baylet, l’incarnation du parti radical de gauche, à qui il a ravi son siège de sénateur en 2014. « Il y a eu une guerre fratricide à Montauban parmi les gens du PRG, les 40.000 euros, c’était une aubaine pour M. Baylet », a plaidé François Saint-Pierre, l’avocat du sénateur.

Une théorie qui n’a pas convaincu le paquet qui juge « les investigations accablantes ». Il a requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et quatre d’inéligibilité. Yvon Collin sera fixé sur son sort le 3 novembre 2017.

A propos de l'Auteur

-