Publié le: ven, Sep 22nd, 2017

Mortalité maternelle : la baisse historique des décès par hémorragie

Malgré de persistantes inégalités entre l’Outre-mer et l’Hexagone, le taux de mortalité maternelle par hémorragie continue de diminuer en France. Un bon indicateur de l’amélioration des soins pendant l’accouchement. Même si une part importante de ces décès est évitable.

« Entre 2010 et 2012 en France, 256 femmes sont décédées d’une cause liée à la grossesse, à l’accouchement ou à leurs suites, soit 85 par an », notent les spécialistes de Santé publique France et de l’Inserm. « Cette valeur (…) se situe dans la moyenne des pays européens. » Ce chiffre reste important. Mais selon les données issues de l’Enquête Confidentielle sur les Morts Maternelles*, la mortalité maternelle directement liée à des complications obstétricales, des hémorragies et des éclampsies a reculé d’un tiers en 10 ans.

Pour la première fois, les experts ont enregistré une baisse significative de la mortalité par hémorragie obstétricale : ce taux a été divisé par deux cette dernière décennie. Conséquence directe de « l’amélioration globale de la qualité des soins obstétricaux au cours de cette période ».

Des décès évitables et d’importantes inégalités

De bonnes nouvelles donc… à modérer tout de même. En effet, 56% des décès enregistrés entre 2010 et 2012 sont considérés comme évitables. Dans 6 cas sur 10, « les soins dispensés n’ont pas été optimaux, ce qui témoigne d’une marge d’amélioration ». Cette complication constitue toujours la première cause de mortalité maternelle en France (11% des décès), alors que certains sont confrontés de façon exceptionnelle à ce facteur de risque.

Autre point qui noircit un peu le tableau, les inégalités territoriales. Ainsi « le nombre de décès maternels rapportés aux naissances vivantes dans les DOMs est 4 fois plus élevé qu’en métropole (40 versus 9 décès/ 100 000 naissances vivantes) ». Enfin les disparités sociales viennent aussi modérer le côté positif de cette enquête. « originaire d’Afrique subsaharienne dont le risque est 3,5 fois supérieur à celui des femmes nées en France ». Parmi les obstacles relevés, les chercheurs retiennent « la barrière linguistique (…) parfois impliquée dans la chaîne d’évènements ayant conduit au décès ».

 

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