Publié le: ven, Août 11th, 2017

Piscines squattées : quand la «trempette» dégénère

Ce week-end, le beau temps devrait être de la partie. Et s’il y a bien un endroit où glaner un peu de fraîcheur quand il fait chaud, c’est à la piscine. Depuis quelques semaines, les intrusions chez des privés deviennent légion. Et dégénèrent parfois avec les habitants.

Le rectangle bleu azur derrière les hautes grilles de la résidence privées invite le badaud à rêver de fraîcheur sous les rayons dardant du soleil estival. Comme chaque année, pendant les vacances scolaires, lorsque la température grimpe, le phénomène d’intrusion dans les piscines privées se reproduit à Toulouse mais aussi à la campagne.

Si, la plupart du temps, les choses se passent bien, la tension peut vite monter. Une habitante de l’impasse Madeleine de Scudery, à la frontière d’Aucamville, en a ainsi fait les frais, début juillet. Une quinzaine de jeunes gens se sont invités, sans autorisation, à se baigner dans sa résidence. Lorsqu’elle leur en a fait la remarque, ils l’ont frappée avant de prendre la fuite.

«Dans la résidence que je garde, ça s’est calmé depuis 5 ans, observe Hervé, concierge aux Ponts-Jumeaux. Ils savent que je suis là et n’osent pas. Mais quand ça se produit, il n’y a jamais de problème. La plupart du temps, ils viennent faire trempette cinq minutes et repartent.»

«On rentre derrière les habitants»

«Ici, la piscine ne se voit pas de la rue, relate une habitante du pont des Demoiselles. Mais il y a tout de même des intrusions. C’est le bouche-à-oreille qui marche.»

Serviettes sur l’épaule, Jordan et Lino s’apprêtent à se rafraîchir dans la piscine d’un ensemble où ils n’habitent pas. «On a chaud, résument-ils tout sourire. On ne dérange personne. On se baigne juste.» Comment accéder à la piscine ? «C’est pas dur. On attend que quelqu’un rentre et on rentre derrière.»

Cet été, d’autres intrusions ont été recensées, comme à la piscine dédiée aux internes de l’hôpital Purpan. Là, des dégradations ont été commises et des personnes interpellées.

Parfois, les choses dégénèrent davantage. Il y a deux ans, dans le quartier Amouroux, un résident avait été littéralement tabassé. Il avait voulu défendre une jeune femme importunée par un groupe de squatteurs. Résultat : deux doigts cassés, une côte fracturée, une oreille déchirée et la lèvre ouverte.

Les services de police reçoivent de nombreux appels de particuliers qui veulent que les squatteurs soient expulsés mais leurs interventions sont rares. «Nous ne sommes pas une entreprise privée de gardiennage des résidences, explique un fonctionnaire. Bien sûr, lorsque les choses dérapent, nous intervenons».

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