Publié le: mer, Mai 10th, 2017

L’homme le plus gros du monde va se faire opérer: Quels risques pour quels résultats?

Juan Pedro Franco Salas, un Mexicain considéré comme l'homme le plus gros du monde lorsqu'il pesait 595 kilos, a été admis dans un hôpital de Guadalajara pour subir un pontage gastrique le 7 mai 2017.
Juan Pedro Franco Salas, un Mexicain considéré comme l’homme le plus gros du monde lorsqu’il pesait 595 kilos, a été admis dans un hôpital de Guadalajara pour subir un pontage gastrique le 7 mai 2017.
Le jeune homme de 32 ans a déjà perdu 175 kg pour être éligible à cette chirurgie.
Une nouvelle vie et une nouvelle silhouette l’attendent. Un Mexicain, considéré comme l’homme le plus gros du monde alors qu’il pesait près de 600 kg, a été admis dans un hôpital de Guadalajara, dans l’ouest du pays, pour subir ce mardi un pontage gastrique, a annoncé son médecin. Une opération chirurgicale qui lui permettra de perdre des dizaines de kilos, mais qui bouleversera son quotidien pour le restant de ses jours.

Une nouvelle vie et une nouvelle silhouette l’attendent. Un Mexicain, considéré comme l’homme le plus gros du monde alors qu’il pesait près de 600 kg, a été admis dans un hôpital de Guadalajara, dans l’ouest du pays, pour subir ce mardi un pontage gastrique, a annoncé son médecin. Une opération chirurgicale qui lui permettra de perdre des dizaines de kilos, mais qui bouleversera son quotidien pour le restant de ses jours.

De possibles complications

Atteint d’obésité morbide, Juan Pedro Franco Salas a subi une série d’examens préliminaires avant son pontage gastrique, a indiqué le chirurgien qui doit mener l’intervention, le Dr José Castañeda Cruz, qui n’écarte pas d’éventuelles complications. Le pontage gastrique, ou bypass, consiste à réduire l’estomac en créant une dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l’absorption des aliments. « Le chirurgien sépare l’estomac en deux et relie sa partie haute directement à l’intestin grêle, décrit le Dr Patrick Bergevin, chirurgien digestif et membre du think tank Obésités. Dès lors, la partie basse de l’estomac et le duodénum sont exclus de l’alimentation ». Autrefois pratiquée « ventre ouvert », l’opération est désormais réalisée le plus souvent par cœlioscopie, en faisant une intervention aujourd’hui plébiscitée.

Ce « court-circuitage » d’une partie de l’appareil digestif explique la perte de poids spectaculaire enregistrée par les patients qui en bénéficient, mais il s’agit d’une procédure lourde, irréversible, qui impacte à vie le quotidien du patient et qui peut s’accompagner de complications. « Le cas de ce patient est vraiment très particulier. En ayant un tel poids, il s’expose à des risques cardiovasculaires assez élevés avec cette intervention, tout comme ce serait le cas pour n’importe quel type d’intervention chirurgicale ».

Par ailleurs, « cette opération entraîne des troubles de l’absorption partiels : par ce court-circuitage de l’appareil digestif, la digestion est modifiée et le corps va absorber moins de lipides, glucides et protéines, donc moins de calories. Mais il absorbe également moins de nutriments essentiels (vitamines et minéraux), ce qui implique des carences et nécessite une supplémentation à vie du patient », détaille le Dr Bergevin.

Déjà 175 kg de perdus

Jusqu’à il y a peu, Juan Pedro Franco Salas pesait 595 kg. Soit un poids mettant directement en danger la santé de celui qui ne pouvait plus se mouvoir seul et n’était plus sorti de chez lui depuis six ans. « Je pense qu’il y a un nouvel espoir, une porte est en train de s’ouvrir pour moi avec cette opération », déclarait Juan Pedro Franco Salas il y a quelques mois, au moment d’entamer son régime alimentaire. Pour le jeune homme, cette opération est le dernier recours pour mettre sa longue descente aux enfers derrière lui. Juan Pedro Franco Salas, qui pesait 3,4 kg à la naissance, avait indiqué peser déjà plus de 60 kg à l’âge de 6 ans et 230 kg à 17 ans, jusqu’à atteindre 595 kg au début de la trentaine.

Avant même de monter sur la table d’opération, le jeune homme de 32 ans a ainsi dû s’astreindre à un traitement médical et à un programme alimentaire personnalisés tout au long des derniers mois. Des efforts qui lui ont déjà permis de perdre 175 kg et d’être éligible à cette chirurgie, a indiqué le Dr Castañeda Cruz.

Objectif : moins 320 kg

« Il est essentiel d’entreprendre ces changements alimentaires avant l’intervention, préconise le Dr Bergevin. Une prise en charge pluridisciplinaire – psychologique et diététique — est capitale pour optimiser l’efficacité à long terme de la chirurgie de l’obésité. Une proportion pas négligeable de patients opérés reprennent du poids à long terme, d’où l’importance d’un suivi médical étroit à vie ».

A terme, Juan Pedro Franco Salas espère perdre au total 300 kg, soit plus de la moitié de son poids initial.

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