Publié le: mer, Avr 19th, 2017

Turquie : Erdogan se défend de vouloir instaurer un système dictatorial

Interrogé sur CNN, le président assure que c’est la volonté du peuple turc de lui donner des pouvoirs élargis. Il se rapproche aussi de Donald Trump.
La victoire du « oui » au référendum constitutionnel dimanche dernier en Turquie a sensiblement renforcé les pouvoirs de Recep Tayyip Erdogan. Malgré des résultats très serrés et contestés par l’opposition, le président turc s’appuie sur la légitimité que lui donne son peuple pour bâtir un nouveau système politique basé sur des prérogatives élargies pour le chef de l’État. De quoi faire naître les craintes d’une dérive dictatoriale. Craintes que Recep Tayyip Erdogan a balayées dans un entretien à CNN.
Pour sa première interview post-victoire, il a ainsi assuré que le référendum était « un changement, une transformation dans l’histoire démocratique de la Turquie ». « Là où les dictatures existent, il n’y a pas de système présidentiel. Ici, il y a des urnes pour voter. La démocratie obtient son pouvoir du peuple. C’est ce que nous appelons la volonté nationale », a insisté le président turc. Sa réforme, qui devrait être appliquée à partir de 2019, prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre, des pouvoirs judiciaires accrus pour le chef de l’État, qui gouverne par décrets.
Une rencontre avec Donald Trump ?

Recep Tayyip Erdogan n’entend pas collaborer avec l’opposition en dépit d’une victoire obtenue de justesse dimanche, le « oui » ayant obtenu 51,4 % des suffrages exprimés. « J’ai un passé de footballeur. Ce n’est pas important de gagner 1-0 ou 5-0. L’objectif, c’est de gagner le match », a illustré le président turc, qui envisage par ailleurs de proposer un nouveau référendum sur le rétablissement de la peine de mort dans le pays.
Une hypothèse qui fermerait les portes de l’Union européenne au pays, alors que les négociations d’adhésion sont au point mort. « Nous avons essayé de remplir toutes les conditions fixées par l’UE. L’UE n’a pas tenu ses promesses. Elle doit le faire. Si elle le fait, nous pourrons nous asseoir autour de la table, nous pourrons étudier les prochaines étapes », a déclaré le président Erdogan. Un rapprochement avec Donald Trump semble davantage se dessiner, surtout depuis le coup de fil du président américain pour le féliciter. « Ce serait mieux de nous rencontrer afin de faire avancer notre relation », a avancé le dirigeant turc.

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