Publié le: lun, Avr 10th, 2017

France: la grogne des surveillants de Fleury-Mérogis

A Fleury-Mérogis, au sud de Paris, les surveillants pénitentiaires de la plus grande prison de d’Europe ont bloqué ce lundi soir 10 avril l’accès à l’établissement. Ils dénoncent leurs conditions de travail devenues de plus en plus difficiles. Cette action est organisée après l’agression de six de leurs collègues jeudi 6 avril, au cours d’une bagarre entre détenus mineurs, un évènement qui a mis le feu aux poudres.

Didier Kandassamy travaille depuis dix-sept ans à la prison de Fleury-Mérogis. Pour lui, qui est du syndicat Force ouvrière, comme pour ses collègues, la bagarre du jeudi 6 avril 2017, est celle de trop. Elle est survenue au cours de la promenade. Deux mineurs en sont venus aux mains. « Les surveillants sont intervenus, et puis, il y a eu une bagarre générale parce que les autres s’en sont mêlés. Les surveillants ont été pris à partie, avec des coups de pied, au sol, etc. », raconte Didier Kandassamy.

180 % de taux d’occupation

Six surveillants ont été blessés et hospitalisés. Chez les collègues, le choc a laissé place à la colère. La maison d’arrêt de Fleury-Mérogis affiche un taux d’occupation de 180 % et le travail quotidien est devenu difficile à gérer, explique Didier Kandassamy : « C’est en train d’imploser. Il y a les activités qu’il faut maintenir. Tout le monde ne va pas en activité, compte tenu de la surpopulation carcérale, donc les listes d’attente s’allongent, les marges de manœuvre pour les officiers, pour les affectations, aussi, ce sont des difficultés. On fait au jour le jour ».

Un surveillant pour 100 détenus

A la surpopulation s’ajoute un manque d’effectif. En moyenne, à Fleury-Mérogis, il y a un surveillant pour 100 détenus. « Un personnel ne peut pas gérer 100 détenus. C’est matériellement impossible. Le ratio, il faut le ramener à un seuil de normalité. Il faut peut-être un surveillant pour 50 ou 60 détenus », propose-t-il.

Avec cette action coup de poing, le personnel espère obtenir une rencontre avec la direction de l’administration pénitentiaire.

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