Publié le: mar, Oct 11th, 2016

Grand Paris : 23 sites à aménager en Seine-Saint-Denis

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la liste tant attendue est tombée. Ce lundi, la Métropole du Grand Paris a enfin pris sa place dans la construction de la région en présentant 61 sites retenus dans son appel à projets « Inventons la métropole ». C’est peu dire que l’information intéresse : plus de 1 600 aménageurs, architectes et autres institutionnels avaient fait le déplacement au Pavillon Baltard à Nogent (Val-de-Marne).

Sur 112 projets qui avaient été présentés par 75 maires à la métropole, 61 sont retenus. Un choix qui s’est fait notamment en fonction « de la disponibilité effective du foncier », précise Patrick Ollier (LR), président de la métropole. En tout 500 ha ont été proposés, soit l’équivalent de la surface d’Asnières (Hauts-de-Seine) ou encore de Montfermeil (Seine-Saint-Denis). Des esquisses seront présentées aux élus locaux, qui gardent la main sur le choix des projets, d’ici à septembre 2017.

La métropole s’appuie notamment sur le futur Grand Paris Express. Un tiers des sites retenus ce lundi sont situés près d’une future station. « C’est la première démonstration concrète de l’effet d’entraînement du Grand Paris Express », vante Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris.

 

Un bémol : le financement. C’est la déception de ceux qui voyaient déjà des projets ambitieux fleurir au plus vite. Excepté pour organiser cet appel à projets, puis pour rémunérer les architectes qui seront présélectionnés, aucun budget dédié à la construction elle-même n’est prévu. « Nous sommes des accélérateurs de projets, qui seront lancés par le privé » rassure Patrick Ollier. Les aménageurs pourront également s’appuyer sur la Caisse des dépôts pour obtenir des prêts.

Un deuxième appel à projets est prévu pour juin 2017. Les terrains non disponibles immédiatement seront négociés par la métropole, notamment auprès de l’Etat.

Voici la liste des 23 sites retenus pour la Seine-Saint-Denis

Aubervilliers : le projet concerne le secteur gare et parking de la ZAC du Fort d’Aubervilliers. L’idée est d’y installer des activités économiques, des logements, une offre culturelle et de loisirs. La gare routière et le parking doivent être reconfigurés.

Aulnay-sous-Bois : 15 922 m2 au Vieux-Pays dans le cœur historique, dont la Ferme et le gymnase. Le projet est à dominante loisirs et culture, avec la construction de logements.

Bagnolet : le marché à la ferraille, situé le long du périph, ce 839 m2 où la ville, propriétaire du site, veut bâtir des bureaux, avec des commerces au rez-de-chaussée.

Bobigny : le site Eco parc Ouest, le long du canal de l’Ourcq, actuellement utilisé pour des activités industrielles. Les 10 400 m2 pourraient accueillir des bureaux.

 

Le site Eco parc Ouest à Bobigny. (Métropole du Grand Paris)

 

Bondy : 7 500 m2 à la Noue-Caillet, dont un ancien centre commercial qui doit être démoli. En projet : centre de développement pour femmes, hôtel d’entreprise, commerces de proximité, logement…

Bondy-Noisy-le-Sec-Bobigny : le projet concerne le secteur du pont de Bondy et les rives de l’Ourcq. Sur ces 15 000 m2 actuellement peu occupés, il est prévu de construire des logements avec des activités en rez-de-chaussée (espaces de coworking notamment).

Un autre projet concerne le triangle ouest du pont de Bondy, soit 2 200 m2 avec, là aussi, un projet logements – activités.

Clichy-sous-Bois : le site Leclaire est composé d’une ancienne carrière de 2,25 ha et d’une parcelle adjacente de 0,7 ha, il est situé au nord de la ville. L’idée est d’y construire des logements innovants.

 

Le site Leclaire à Clichy-sous-Bois est une ancienne carrière de gypse. (Métropole du Grand Paris)

 

Clichy-Montfermeil : sur le quartier du Plateau, le premier à avoir bénéficié de la rénovation urbaine, le projet concerne 12 parcelles occupées par divers bâtiments qui doivent être démolis. En tout cela représente 50 000 m2 qu’il s’agit d’aménager pour, notamment, développer des filières économiques innovantes en lien avec le tour Médicis.

La Courneuve : l’ancienne usine Babcock offre 38 000 m2 à aménager. L’idée est d’en faire un quartier mixte : logements, lieu d’activités culturelles et événementielles.

Epinay : 5 000 m2 à urbaniser dans la ZAC Intégral (actuellement, c’est un parking). L’idée est d’en faire un lieu d’expérimentation avec des Fablab et des bâtiments durables.

Les Lilas : le site du Fort de Romainville de 6,75 ha comprend 3,3 ha aménageables qui pourraient accueillir un écoquartier avec des activités innovantes, de l’agriculture urbaine et la création d’un pôle mémoriel.

Montreuil : le site EIF est une ancienne usine de peausserie datant de 1871, située en lisière des Murs-à-Pêche. L’objectif est de transformer ce site d’1,9 ha en lieu d’activités économiques, sociales et culturelles.

Noisy-le-Grand : le site de l’école Louis-Lumière, qui a déménagé à la Cinéma de Saint-Denis, est désaffecté. Le projet prévoit d’aménager sur ces 3,7 ha environ 400 logements.

 

L’ancienne école Louis-Lumière à Noisy-le-Grand. (Métropole du Grand Paris)

 

Noisy-le-Sec : Plaine ouest est un site situé à proximité de Romainville et Bobigny d’un peu plus de 7 000 m2. Il est prévu d’y construire logements et activités.

Pantin : le site de l’ASPP, situé au nord de la ville, est un terrain de sport désaffecté. Sur ces 20 518 m2, il est prévu de construire des logements écologiques (à dominante bois) et un centre médical de jour.

Pierrefitte-Stains : les Tartres nord sont une friche industrielle d’environ 3 ha, située à proximité de la future gare du T11 (la tangentielle nord) en service en 2017. Le programme envisagé est mixte, à vocation économique.

Romainville : sur la ZAC de l’Horloge, le projet retenu par la Métropole concerne un terrain de 4 000 m2, autrefois utilisé par l’usine pharmaceutique Avantis-Pharma et en cours de dépollution. Projet de logements et bureaux avec des constructions en bois, de l’agriculture urbaine en toiture…

Rosny-sous-Bois : le site Métropolitain représente 5 200 m2 situé à proximité du pôle gare Rosny-Bois-Perrier. L’idée est d’y aménager de l’habitat, de l’activité, des commerces, du loisir.

Saint-Denis : site Pleyel. Autour de la future gare du Grand Paris express et de la passerelle qui la reliera au quartier du Landy-France, il s’agit d’aménager des bureaux, logements et locaux d’activités. Le site comprend 4 ha situés le long du faisceau ferroviaire.

Saint-Denis : ancienne piscine municipale. Ce bâtiment situé en centre-ville, à 150 m du métro, a une surface de 2 800 m2. L’idée est d’en faire un lieu dédié à l’art et à la culture.

Sevran : les terrains Montceleux, actuellement utilisés en surface agricole, qui pourraient devenir parc urbain, base de loisirs, logements, activités…

Saint-Ouen : l’ancienne usine Cap, située aux Puces, est actuellement un hôtel d’activité sous-utilisé. L’idée est d’en faire un grand hôtel pour l’art contemporain.

 

« Une très bonne nouvelle » selon les élus

« C’est une très bonne nouvelle, se félicite Gérard Cosme (PS), président d’Est Ensemble. Cela va attirer les professionnels de l’aménagement en Seine-Saint-Denis. 9 sites ont été retenus, rien que sur Est Ensemble avec d’importants fonds à la clé. Cela montre que notre territoire bouge. Ces projets vont permettre de rééquilibrer la métropole entre l’est et l’ouest, qui a déjà bénéficié de nombreux aménagements. »

Patrick Braouezec (Front de gauche), président de Plaine Commune, comme d’autres élus, a fait partie du jury de sélection des sites. Il est satisfait de voir que 9 dossiers sur les 11 présentés par Plaine Commune ont été retenus. « Ce label va conforter les projets déjà bien engagés, comme l’aménagement de la friche Babcock à La Courneuve. Et ça va peut-être ouvrir une issue pour d’autres. Par exemple, nous travaillons depuis des années sur la ZAC Intégral, à Epinay, sans avoir réussi jusqu’à présent à trouver d’investisseurs. Ça va peut-être débloquer les choses. »

« C’est une bonne nouvelle pour Aulnay-sous-Bois, se félicite de son côté Bruno Beschizza le maire (LR). Face aux baisses de dotations d’Etat et au budget municipal de plus en plus contraint, j’ai demandé à mes services de systématiquement candidater à tout ce qui peut faire financer des projets par d’autres, ou nous apporter des subventions. Avec Inventons la métropole, je veux faire du Vieux-Pays un pôle de culturel. »

G.B., H.H. et T.P.

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