Publié le: mer, Fév 10th, 2016

Beyoncé politise son discours avec Formation

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 Beyoncé se révèle militante pour la cause des Afro-Américains dans Formation.

Beyoncé a le don pour attirer la lumière sur elle à chacune de ses sorties ou de ses apparitions. La publication de son nouveau titre Formation ,publié samedi 6 février, n’aura pas fait démentir cette réputation. Ce morceau introduit son prochain album et la remet en selle. Quitte à ce qu’elle pique la vedette à ses partenaires Chris Martin et Bruno Mars lors de la mi-temps du Super Bowl.

Mais si Formation fait tant parler de lui, c’est non seulement parce qu’il s’agit d’un nouveau titre de Beyoncé (l’argument pourrait être suffisant) mais aussi parce qu’il s’agit de son acte musical le plus politique à ce jour. Dans son clip – qui cumule à ce jour plus de 12 millions de vues sur YouTube alors qu’il n’est même pas répertorié sur la plateforme – la chanteuse multiplie les références à la communauté afro-américaine.

C’est aussi dans ses paroles que Beyoncé se révèle des plus militantes. Avec toute sa force, elle pointe du doigt les problèmes ou les revendications des noirs américains, tout en rappelant ses origines dont elle tire sa fierté.

Dès l’introduction de Formation, Beyoncé affiche ainsi la couleur politique de son titre, par l’intermédiaire d’un sample. Elle cite dès ces deux premières lignes Messy Mya (de son vrai nom Anthony Barre), véritable vedette de la Nouvelle Orléans grâce à ses vidéos sur YouTube et tué par balle en 2010.

«Qu’est-ce qu’il s’est passé à la Nouvelle Orléans?», demandait-il dans un de ses podcasts la même année. Beyoncé continue à se poser la question six ans plus tard et remet les projecteurs sur cette ville qui continue à subir les dommages collatéraux du passage de l’ouragan Katrina, en 2005. Beyoncé a d’ailleurs choisi de tourner en partie le clip deFormation à la Nouvelle Orléans.

Beyoncé profite aussi de son retour avec ce nouveau titre pour faire le point avec ses détracteurs. Non, elle ne fait pas partie de la secte des Illuminati, théorie que certains soutiennent pour expliquer son succès considérable ainsi que celui de son mari Jay Z. C’est la première fois qu’elle dément ces accusations grotesques.

Pour la chanteuse, la famille, c’est quelque chose de sacré. Pour preuve, les mentions récurrentes de son mari Jay Z dans ses paroles ou la présence de sa fille Blue Ivy dans le clip de Formation. Là où Beyoncé se fait plus vindicative, c’est lorsqu’elle brandit haut et fort son héritage en rappellant. Elle évoque ainsi son père, qui a grandi dans l’Alabama, et sa mère, originaire de Louisiane. La couleur de l’un et l’ascendance créole de l’autre ont donné naissance à Beyoncé, qui s’assume comme une «Texas bamma» [fille originaire du Texas et qui n’a «pas de goût», NDLR].

Dans ce titre, Beyoncé revendique encore ses racines afro-américaines en décrivant ses cheveux crêpus qu’elle adore ou son nez avec des «narines à la Jackson 5». Un beau pied de nez à une industrie où l’on veut souvent faire changer d’apparence les apprentis stars pour mieux coller aux canons de la beauté occidentale et blanche. Or de question pour elle de changer son nez, son accent ou de blanchir sa peau, le message est passé.

Beyoncé propose encore un autre sample dans son titre. Des paroles qu’elle doit cette fois à la rappeuse Big Freedia, également originaire de la Nouvelle Orléans. Un autre moyen de rendre hommage à cette ville et à son importante communauté noire. Beyoncé emprunte ensuite son terme «slay» [avoir du succès, en argot, NDLR] à plusieurs reprises dans le reste de ses paroles, pour mieux dire qu’avec Formation, elle va tout «déchirer».

La folie des grandeurs a atteint Beyoncé depuis bien longtemps. La chanteuse s’imagine cette fois comme une Bill Gates noire en puissance. Les ambitions de Queen B n’ont pas de limites. Mais c’est vrai que son porte-monnaie grossit de plus en plus, de quoi s’aligner sur celui de l’homme le plus riche du monde.

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