Publié le: lun, Sep 22nd, 2014

Sarkozy sur France 2: les cinq raisons pour lesquelles son intervention est ratée

L’interview de Nicolas Sarkozy sur France 2 n’a pas convaincu. L’ex-président n’a pas réussi l’exercice. Sur la forme mais aussi sur le fond. 

 

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L’intervention a été réfléchie longuement, pensée, millimétrée. Après deux ans d’absence dans le débat, l’animal politique qu’est Nicolas Sarkozy ne pouvait pas se permettre de rater son retour dimanche sur France 2. C’est pourtant ce qui lui est arrivé. La preuve.

Le modeste… Raté

On le détestait grande gueule, on l’aimerait forcément humble. Dès le début de l’interview, Nicolas Sarkozy a voulu adopter une ligne tout en modestie. « Je n’ai jamais cru à l’homme providentiel », dit-il d’emblée, concernant son retour. « Vous croyez que je pense que les autres sont très mauvais et moi formidable? », va-t-il jusqu’à s’interroger. Alors que Carla Bruni, en 2012, estimait que son mari avait « tout bien fait » durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy assure désormais: « Je ne prétends pas tout avoir bien fait. »

Mais l’exercice présente vite ses limites lorsque l’ancien Président assure ne « pas avoir le choix » que de revenir au vu de la situation de la France… reprenant ainsi ses oripeaux d’homme providentiel. Interrogé sur son bilan, Nicolas Sarkozy n’a pas non plus admis d’erreurs précises, se retranchant derrière la « crise mondiale » pour expliquer ses contre-performances économiques. Comme il l’avait déjà fait en 2012.

Le sage… Raté

Il le dit. L’âge – il aura bientôt 60 ans – s’il donne « moins d’énergie », confère « plus de sagesse ». Nicolas Sarkozy refait le coup du « j’ai changé ». Il va même jusqu’à regretter certaines « expressions », en référence au « cass’toi pov’ con » ou au « Karcher ». « Si c’était à refaire, je ne le referai pas ». Une expression malencontreuse « peut compliquer le problème ». « On ne le résout pas » ainsi, concède-t-il. De la même façon, tente-t-il d’adopter une posture très présidentielle, comme il l’avait fait au 6 mai 2012, en se refusant à attaquer François Hollande. « Je ne veux pas polémiquer avec François Hollande. Il pense le plus grand mal de moi. Je ne pense rien de lui. »

Mais là encore, le naturel reprend le dessus. Visiblement tendu, Nicolas Sarkozy se montre plusieurs fois énervé face aux questions de Laurent Delahousse. « Qu’est-ce que c’est que cette virilité? », agresse-t-il le journaliste. « Êtes-vous si drogué à l’actuelle quotidienne? », l’interpelle-t-il également quand il ne lui suggère pas, excédé, de consacrer une émission spécialement dédié à son bilan.

Lexpress

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