Publié le: mar, Sep 16th, 2014

Irak : les États-Unis bombardent les abords de Bagdad

Dans leur lutte contre l’État islamique en Irak, les États-Unis ont pour la première fois frappé une position djihadiste près de la capitale.

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Le groupe État islamique (EI) a été visé pour la première fois près de Bagdad par les États-Unis, contre lesquels deux branches d’al-Qaida ont appelé à l’unité des djihadistes en Irak et en Syrie. Des avions de chasse américains ont visé une position du groupe à Sadr al-Youssoufiya, à 25 km au sud-ouest de Bagdad, selon un officier irakien. Ce bombardement avait vocation à soutenir l’armée irakienne « dans son offensive contre les terroristes » de l’EI, a précisé le Centcom, le commandement de l’armée américaine chargé du Moyen-Orient.

La ville de Sadr al-Youssoufiya est située au bord de l’Euphrate, entre le bastion djihadiste de Fallouja et la zone d’affrontements de Jourf al-Sakhr, où l’armée irakienne appuyée par des milices alliées a du mal à y tenir ses positions. Une autre frappe américaine a détruit six véhicules de l’EI près de Sinjar, dans le nord de l’Irak, a encore indiqué le Centcom. Depuis le 8 août, les forces américaines ont mené au total 162 raids aériens contre l’EI, qui contrôle quelque 40 % du territoire irakien ainsi qu’un quart de la Syrie.

Al-Qaida appelle à rejoindre l’EI

Les frappes près de Bagdad concrétisent la nouvelle stratégie dévoilée le 10 septembre par le président Barack Obama, qui s’est engagé à « détruire » le groupe sunnite ultra-radical. Face à cette offensive, les branches maghrébine (Aqmi) et yéménite (Aqpa) d’al-Qaida ont exhorté dans un communiqué commun leurs « frères moujahidines en Irak et au Levant à cesser de s’entretuer et à s’unir contre la campagne de l’Amérique et de sa coalition diabolique ».

L’appel se réfère aux divergences entre le groupe EI, qui a pris ses distances avec al-Qaida et proclamé un califat sur une partie de l’Irak et de la Syrie, et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida, qui est restée fidèle au chef de l’organisation Ayman Al-Zawahiri. « Faites de votre rejet de la mécréance un facteur d’unité », déclarent les deux organisations à l’adresse des groupes djihadistes. Leur appel s’adresse aussi à l’opposition syrienne modérée qui cherche à renverser le président Bachar el-Assad et est soutenue par les États-Unis.

Promesse de « journées noires »

À la coalition anti-EI, les deux branches d’al-Qaida « promettent des journées noires », une menace à peine voilée d’actions violentes contre les pays occidentaux et leurs alliés arabes. Cet appel commun a été publié au lendemain de l’engagement pris, lors d’une conférence à Paris, par 27 pays arabes et occidentaux et trois organisations internationales « à soutenir le nouveau gouvernement irakien » par « tous les moyens nécessaires, y compris une aide militaire appropriée ».

Pour ces pays, Daesh (acronyme arabe de l’EI) est « une menace non seulement pour l’Irak, mais aussi pour toute la communauté internationale ». Les pays participant à la réunion de Paris n’ont en revanche pas fait référence à la Syrie, le projet américain d’extension des frappes aériennes à ce pays étant contesté tant par ceux qui craignent de renforcer le président Assad que par ceux qui soutiennent son régime, comme Moscou et Téhéran. La Syrie a regretté mardi de n’avoir pas été conviée aux discussions, estimant que « la lutte antiterroriste ne devrait pas être une (séance) de relations publiques ».

L’EI abat un avion de chasse syrien

Le régime de Damas a perdu mardi un avion militaire, abattu par l’EI alors qu’il était en train de bombarder Raqa, le principal bastion du groupe djihadiste en Syrie, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Il s’agit du premier appareil abattu depuis le début des raids du régime contre eux (l’EI) en juillet et depuis l’instauration du ‘califat’ fin juin », a souligné l’ONG. Par ailleurs, la Turquie, qui ne participera pas aux opérations militaires aux côtés des États-Unis, envisage d’établir une zone-tampon le long de sa frontière avec la Syrie et l’Irak.

« Notre principale préoccupation, c’est l’arrivée d’une nouvelle vague importante de réfugiés. Nous accueillons déjà près de 1,5 million de Syriens et nous ne pourrons pas en absorber une nouvelle vague de cette ampleur », a expliqué une source gouvernementale.

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